Les Grandes Figures


Joseph-Louis de Raimondis-Allons dit « Le Manchot »(1723-1801)


Son père, Honnoré-Emmanuel, seigneur d'Allons, occupait la fonction de lieutenant général civil et criminel de la sénéchaussée.


Sa mère, Mari-Lucrèce, appartenait à la famille noble de Martineng.


On ignore ou Joseph-Louis fit ses études, si toutes fois il en fit, car dès sa vingt et unième année on le trouve dans le port de Toulon où il servait en qualité de novice à bord du vaisseau « Le Terrible » un redoutable navire de guerre équipé de 74 canons.


En mars 1747 Joseph-Louis de Raimondis embarqua sur la frégate « L’Émeraude », comme enseigne.


En octobre de la même année on le retrouve à bord du « Tonnant » sous les ordres du chef d'escadre Herbier de l'Etenduère.


La mission du navire le Tonnant ainsi que neuf autres vaisseaux était d'escorter un grand convoi de 252 bateaux de marchandises aux Antilles.


Mais le 25 mars, à 88 lieues au nord du cap Finistère, la flotte française engagea le combat avec une escadre britannique forte de 14 vaisseaux.


L'issue de cette bataille fut désastreuse pour nos couleurs, en effet les anglais tirèrent plus de 4000 coups de canons et coulèrent un nombre important de navires français, seuls le Tonnant et l'Intrépide, bien que démâtés purent regagner la côte dans les premiers jours de novembre.


Au cour de ce combat Joseph-Louis reçut deux blessures.


Il débarqua à Brest, où le 1er avril 1748, il fut nommé brigadier du détachement du port.


En janvier 1751, Raimondis fut de nouveau affecté à Toulon.


Le 25 août, le capitaine de Castellane-La Vallette le choisit pour lieutenant.


Il embarqua alors pour une croisière dans les mers des Antilles, où dans les eaux de la Guadeloupe Joseph-Louis Raimondis s'illustra au combat.


Commandant d'un petit navire, il attaqua deux vaisseaux interlopes, dont un hollandais, très supérieur en canons et en équipage, et les mit en fuite.


De Bompar, gouverneur général de la Martinique rendit compte, au ministre de la Marine, de sa belle conduite et Raimondis reçut les félicitations de Louis XV et la promesse d'une nomination prochaine comme chevalier de St-Louis.


Pendant la guerre de sept ans Raimondis servit sur un des vaisseaux de l'escadre de la Galisssoniere.


Cette escadre partit des îles d'Hyères le 12 avril 1756, portant le maréchal, duc de Richelieu, à destination de Minorque, dont les troupes françaises faisaient le siège.


Une flotte anglaise engagea le combat à hauteur de Mahon, avec notre escadre, la lutte dura cinq heures et les anglais subirent un sérieux échec.


Raimondis qui avait pris une part active à cette victoire, fut placé à la tête d'une compagnie laissée en garnison à Minorque.


En avril 1757, notre marin, reçut à Mahon ses galons de lieutenant de vaisseau.


En août 1759, Raimondis participa à la bataille navale de Lagos, ville de la côte sud du Portugal, avec l'amiral La Clue.


Il remplit bravement une périlleuse mission de pilotage de navire en difficulté, dans cette action la plupart de ses compagnons trouvèrent la mort.


De 1760 à 1763, Raimondis navigua successivement sur « l' Oiseau » et sur le « Sagittaire » de 50 canons, sous les ordres du comte de Brovès, son parent.


Lors d'un court séjour à Toulon, il fut nommé chevalier de St-Louis (19 mars 1763).


En guise de récompense pour une glorieuse action d'éclat menée dans une expédition en Corse, le comte de Brovès, qui le tenait en grand estime, le proposa à Choiseul, ministre de la Marine, pour le commandement de nouveaux navires éclaireurs, dont la flotte venait d'être dotée.


Chef d'une escadrille composée de trois chébeks, de plusieurs felouques et bateaux corsaires, de Raimondis fut appelé au blocus de Porto-Vecchio, en mai 1769.


Le 14 juin, au matin, de Raimondis pénétra dans la rade de Porto-Vecchio avec le « Rusé » et deux corsaires.


A six heures du soir, le curé et les notables arborant une serviette blanche en guise de pavillon, venait lui offrir la capitulation de la ville.


La campagne de Corse prenait ainsi virtuellement fin.


Rentré à Toulon, Raimondis se livra à la chasse aux Barbaresques sur les côtes de Provence.


Le 4 août 1769 notre guerrier-marin bombardât Bizerte.


L'opération réussi si bien que le Bey de Tunis se vit contraint de reconnaître que la Corse était bel et bien française.


La paix signée, de Raimondis s'en revint à Toulon, où il se maria le 10 octobre 1769, avec demoiselle Victoire de Clapier.


Promu capitaine de vaisseau en 1772, il prit le commandement de la « Gracieuse » et quitta Toulon en 1775, pour aller protéger nos nationaux contre les forbans grecs, aux Échelles du Levant.


Le 4 juillet 1776, date des congrès de Philadelphie, l'indépendance des treize colonies Britanniques d'Amérique fut proclamée.


La nouvelle nation prit le nom de République des États-Unis d'Amérique.


La grande guerre entre l'Empire britannique et l'Union commença aussitôt.


Suivant l'exemple de La Fayette, plusieurs grands seigneurs de la cours de Versailles, s'embarquèrent pour aller servir les ordres de Washington.


Louis XVI reconnut l'indépendance des États-Unis et conclut avec eux une alliance défensive.


Les hostilités entre la France et la Grande-Bretagne s'ouvrirent presque immédiatement.


Le 13 avril 1778, de Raimondis quitta Toulon à destination de l'Amérique, à bord du « César », compris dans l'armée navale du comte d'Estaing.


Le 8 juillet, notre flotte arriva à l'embouchure de la Delaware, au nord de Baltimore, et poursuivit de nombreux navires ennemis.


Le 8 août, elle força le détroit de New-York et pénétra dans la baie du Connecticut, où mouillait les forces britanniques.


Les anglais brûlèrent sept de leurs bâtiments et leurs magasins.


Le 16 août 1778 suite à une furieuse tempête le « César » alors séparé de son escadre fut surprit, an pleine mer, par une frégate britannique « l'Iris ».


Une vive lutte s'engagea, elle dura trois quarts d'heure.


Au cours du combat Raimondis eut le bras droit arraché par un boulet de canon, au moment même où il faisait un signal pour activer une manœuvre essentielle qui allait obliger l'ennemi à se rendre.


Le brave capitaine n'en continua pas moins à donner ses ordres à l'équipage, pendant qu'on achevait de l'amputer.


Quand le chirurgien eut terminé son office, il tenta même de remonter sur le pont pour y reprendre son commandement.


Le 27 octobre 1778 de Raimondis débarqua à Boston où il séjourna en convalescence durant deux mois pour permettre une cicatrisation complète de sa blessure.


Le dimanche 10 janvier 1779, le conseil de l’État se réunit en séance extraordinaire pour recevoir de Raimondis.


Et là, au milieu des acclamations d'une nombreuse assistance, le président, solennellement, lui remit, au nom de la Nation, une épée d'honneur, en signe de très haute estime, pour sa conduite courageuse dans la défense des droits de l'Amérique.


Le lendemain, 11 janvier, La Fayette et Raimondis s'embarquaient pour la France.


De retour dans sa patrie, « le manchot », c'est ainsi qu'on devait l'appeler désormais à Draguignan, fut nommé chef d'escadre.


Le roi lui accorda le cordon rouge de commandeur de l'ordre de St Louis et il reçut, avec les félicitations de G. Washington, les insignes de membres de l'Ordre de Cincinnatus.


Le chef d'escadre Joseph-Louis de Raimondis-Allons devait mourir à Lorgues le 1er février 1801.


Baron d'Azémar (1740-1812)


Baron d'AzémarLe 16 juillet 1740 naquit Pierre-Melchior baron d'Adhémar à Saint-Maurice de Casevieille (Gard).


Il appartenait à une branche de la grande famille des Adhémar de Grignan.


Son père, attiré par la religion protestante fut frappé d'une amende de 1000 livres pour avoir fait baptisé deux de ses enfants par un ministre de « l’Église de Dieu sans la croix »(un pasteur).


Le 26 octobre 1755, Pierre-Melchior d'Adhémar fut nommé lieutenant au régime de Flandre.


Il fit la campagne de Corse.


Il se lia d'amitié avec M. et Mme Bonaparte et fit connaissance du jeune Napoléon et de ses frères.


Pendant la Terreur (1793), Adhémar fut incarcéré dans les prisons de Nîmes.


Il fut ensuite nommé commissaire de la noblesse de la Sénéchaussée de Nîmes, puis juge de paix, commandant de la garde nationale de cette ville, et enfin sous-préfet d'Uzès (Gard).


Le 10 avril 1806, Pierre-Melchior Adhémar fut nommé préfet du Var.


Dès son arrivée dans le Var, il constata « le mauvais état des routes ».


Il continua l’œuvre de son prédécesseur, se préoccupa de donner au département une plus grande prospérité et au chef-lieu des embellissements qui n'étaient pas moins nécessaires.


Le 15 août 1810, il fut nommé baron de l'Empire.


Le 22 juin 1811, il cessa ses fonctions.


A la suite d'une disgrâce restée inexpliquée, il quitta ce poste de préfet du Var.


Comme l'a écrit le Ministre de l'Intérieur, le 5 mars 1812 : « Il n'était plus jeune et son service était peu actif ».


Le 25 août 1811, Adhémar est remplacé par M. le chevalier Pierre-Thomas Leroy de Boisaumarié, en qualité de préfet du Var.


Le 5 avril 1812, président du collège électoral du Gard, il présente à l'Empereur une adresse au nom du département.


Le 2 septembre 1812, M. d'Azémar décède en son château de Teilland (Gard).


Le 18 juin 1817, le roi rend une ordonnance autorisant le changement d'identité : « d'Adhémar » en « Azémar ».


Honoré Muraire (1750-1837)


honore-muraireHonoré Muraire naquit à Draguignan le 5 novembre 1750.


Fils d'avocat, il fut nommé lui-même avocat au terme de brillantes études.


Le jeune Muraire s'établit dans sa ville natale et bientôt sa réputation d'habileté et de prudence fut faite.


Nommé, en 1785, maire et premier consul de Draguignan il rénova l'esprit public et développa une vaste campagne d'urbanisme.


En peu d'année Honoré Muraire transforma la ville qu'il administrait.


En effet il fit démolir deux tours anciennes, élargit les lices du sud pour en développer l'actuel Boulevard Clemenceau, fit démonter une partie de la porte Saint François, aménagea l'avenue du pont de Lorgues, et enfin, il transforma la vieille halle aux grains en salle de spectacles.


Lors de son mandat Honoré Muraire s'impliqua aussi sur un problème délicat de sa commune : l'alimentation en eau de la ville !


Cet à ce sujet qu'il fit aménager la conduite d'eau potable pour de nombreuses fontaines de la ville.


Deux fois, en 1785 et en 1786, il avait été nommé député aux États de Provence.


Quand commença le mouvement de 1789, Honoré Muraire fut chargé par la municipalité de Draguignan, dont il faisait partie, de préparer un plan de réforme des tribunaux et un projet concernant la milice bourgeoise.


A paris, en 1802, Honoré Muraire fut nommé, par le premier consul, conseiller d'état « hors section » puis quelques années plus tard, en 1806, l'Empereur créa M. Muraire comte de l'Empire.


L’Empereur le fit aussi grand officier de l'ordre de la Légion d'Honneur et Grand-Croix de l'Ordre de la réunion.


En 1811 Honoré Muraire fut nommé président du Collège électoral du Var, séjourna brièvement à Draguignan, rétablit préfecture un peu grâce à lui et fur reçu dans sa ville en grande pompe par tous les corps constitués.


A cette période M. Muraire reçut l'accueil de la loge maçonnique « le triomphe de l'amitié » qui tenait siège dans l'ancien couvant des Observantins.


En 1820 notre Comte de l'Empire édita : « Un mémoire servant à prouver que la ville de Draguignan est le lieu le plus convenable où le Directoire du Département du Var puisse être fixé ».


Il cita notamment dans ce petit ouvrage : « Quelle ville mieux que Draguignan présente ce rapprochement désirable pour le bien général du département ? Elle est le point central, de toutes les extrémités du Département du Var.... Il est impossible que l'assemblée nationale se décide par des principes autres que ceux qu'elle a posé ou décrétés, par des motifs autres que ceux du bien général. Et, puisque ces principes, ces motifs se réunissent, sollicitent pour Draguignan, puisque c'est là que l'administration sera plus rapprochée des administrés, moins coûteuse, affranchie de tous inconvénients, bien placée d'ailleurs sous les rapports du site et du climat, et sous ceux des ressources intérieures relatives à l'habitation, il est sans doute prouvé que cette ville est le lieu le plus convenable où le directoire du département du Var puisse être fixé.


Honoré Muraire décéda à Paris en 1837.


Maximin Isnard (1758-1825)


Maximin IsnardMaximin Isnard naquit à Grasse en 1758.


Vingt ans plus tard, en 1778, Maximin Isnard épousa une des deux sœurs Clérion, fille d'un marchand drapier.


Devenu drapier Maximin Isnard possédait entre autre une propriété aux Salles, un cabriolet de 1000 livres.


Cet homme, lettré, détenait au fond de lui de grandes idées révolutionnaires.


Il prit la parole en public pour louer « la vertu », en 1785, lors de la création de la loge maçonnique « Le Triomphe de l'Amitié », dont il fut élevé eu grade de « Vénérable ».


En 1789 Maximin « harangue le peuple assemblé et porte l'épouvante dans les âmes des privilégiés ».


Il fut délégué du Tiers dans l'Assemblée des trois Ordres.


Menacé par le Parlement d'Aix, il fut obligé de s'échapper par les toits et disparut jusqu'en 1790, où il dirigea la société populaire : « Les Amis de la Constitution ».


Maximin Isnard fut délégué à l'assemblée Législative en 1791, il entra l'année suivante à Draguignan et fut chargé de la surveillance de l'armée du Var.


La municipalité lui fit un triomphe, dressant des arcs de buis et de lauriers devant sa demeure.


Maximin Isnard fut-il si à l'aise proche de cette aristocratie qu'il avait tant combattue ?


Toujours est-il qu'il mourut en 1825 baron d'Empire et avantageusement décoré.


Jean Antoine Joseph Fauchet (1761-1834)


Jean Antoine Joseph FauchetJean Antoine Joseph Fauchet, fils d'un mulquinier (fabricant de toiles fines), naquit à Saint-Quentin en Picardie le 31 août 1761.


Le jeune Fauchet montra de bonne heure des aptitudes pour l'étude et le chapitre de la chapelle de Saint-Quentin le fit admettre gratuitement comme interne au collège royal Louis le Grand à Paris où il se montra comme un des meilleurs élèves de l'établissement.


Il se destina au barreau et passa sa thèse d'avocat avant 1789.


Dès les premiers jours de la Révolution, Joseph Fauchet se montra partisan des idées nouvelles, il fit même l'apologie de la constitution de 1791 dans une brochure intitulée « La France heureuse par la Constitution ».


Ce travail le fit remarquer et lui valut une place de chef de bureau à l'administration de la Guerre.


L'année suivante, il fut nommé secrétaire de la mairie de Paris, puis secrétaire général du Conseil exécutif provisoire, installé le 10 août 1792, à la suite de la suspension du roi Louis XVI.


Dans sa séance du 29 août 1792, ce dernier organisme désigna le citoyen Fauchet comme l'un des 30 membres qui devaient concourir, avec les commissaires nommés par l'Assemblée nationale, à la réquisition extraordinaire d'hommes dans les seize départements entourant la capitale en vue d'une levée en masse contre l'invasion étrangère.


Le ministre Fauchet essaya alors de soulever l'opinion américaine en intriguant avec les milieux antifédéralistes.


Pire encore, il négligea d'observer les aménités diplomatiques qu'on attendait de lui : ses visites au secrétaire d’État, Edmund Randolph, dont il se défiait d'ailleurs tout particulièrement, se firent rares et on ne le vit plus aux réceptions du président Washington.


On a les preuves que cette politique, qui consistait à bouder sous sa tente, produisit les effets contraires de ceux qu'il attendait.


Les opposants au traité John Jay perdirent du terrain et, le 24 juin 1795, le Sénat ratifia cette convention par 20 voix contre 10.


A cette époque, le successeur de Joseph Fauchet au poste de ministre plénipotentiaire à Philadelphie, Pierre-Auguste Adet, état arrivé pour partager sa déception.


Joseph Fauchet, convaincu une fois de plus que le gouvernement américain était indifférent aux violations britanniques de sa neutralité, débarqua à Brest le 1er octobre 1795 (9 vendémiaire an IV).


Par arrêté des consuls de la république, sur la proposition de Lucien Bonaparte, ministre de l’intérieur, Jean Antoine Joseph Fauchet fut désigné comme premier préfet du Var, il avait 39 ans.


Antoine Joseph Fauchet arriva à Draguignan le 7 avril 1800 et pris ses fonctions dans l'ancien hôtel de Villeneuve situé en haut de la rue Nationale.


La situation dans le département du Var était alors des plus lamentables.


Dix années de troubles révolutionnaires, particulièrement graves dans la région toulonnaise, avaient amené la désorganisation totale des services publics et ruiné la vie économique du pays.


Dans un des premiers comptes rendus au ministre, le préfet Fauchet s'exprimait dans les termes suivants : « J'ai trouvé ici des difficultés de tous ordres, des mesures à prendre pour ainsi dire à chaque instant contre le brigandage, des tribunaux nuls ou partiaux, des champs dévastés, des hospices à recréer, des soulèvements à réprimer dont le manque ou le coût élevé des vivres est le prétexte, le manque de travail, un esprit public les plus mauvais causé par la misère. L'ignorance et la barbarie du XIVéme siècle exercent ici tout leur empire et une passion effrénée pour le jeu et la chasse a donné naissance à une immoralité générale. Le peuple de cette région, si bouillant qu'il soit, est très difficile à émouvoir, les moyens ordinaires peuvent très peu sur lui. »


Le tragique de la situation demandait l'emploi de mesures promptes et énergiques.


Quelques jours après son installation, le préfet Fauchet adressa à ses administrés une longue proclamation enflammée dans laquelle il faisait appel au bon sens et au bon vouloir de tous.


Cette proclamation devait recevoir l’approbation du ministre de l'Intérieur qui adressa au préfet du Var cette lettre connue dans les termes les plus flatteurs : « Citoyen Préfet, J'ai lu avec intérêt votre écrit aux administrés et aux conscrits, j'y ai trouvé ce feu sacré qui brillait aux premiers jours de la République et j'en conçois l'espoir que vous saurez vaincre tous les obstacles qui vous entourent et remplir le vœu du gouvernement en assurant à la gloire de la République. Je vous salue. Lucien Bonaparte. »


Joseph Fauchet porta diverses actions immédiates telles : l'amélioration de la santé dans les agglomérations, les ports et les campagnes du département, le soin particulier à apporter aux enfants pauvres et déshérités, l'accroissement et le développement de l'enseignement, la chasse à la débauche.


Mais le Préfet dut prendre aussi une série de mesures sévères afin de mettre un terme au vagabondage et au brigandage qui jetaient la consternation parmi les populations rurales.


Le 30 mars 1801 le Préfet Fauchet fonda à Draguignan la Société libre d'émulation du Var dont le but était de s'occuper de l'amélioration de tous les arts et, en particulier, de tout ce qui pouvait intéresser la vie rurale dans le département.


En l'an X (1802), le Préfet Fauchet reçut du gouvernement une gratification de 4000 francs.


Cette faveur était concédée seulement à quelques préfets ayant donné toute satisfaction dans l'exercice de leurs fonctions, cette gratification lui fut renouvelée en l'an XIII (1805).


En décembre 1805, du quartier général d'Austerlitz, l'Empereur accorda au préfet du Var, pour services exceptionnels, la croix de chevalier de la Légion d'Honneur.


Le Préfet Fauchet se soucia également d'améliorer la culture générale des masses populaires et créa, dans ce but, des bibliothèques publiques dans quelques grands centres du département.


Accompagné de l'ancien greffier en chef du tribunal révolutionnaire sous la Terreur, Pierre-Dominique Turrel, membre de la Société d'émulation, le préfet parcouru les localités du département à la recherche des livres, manuscrits et objets d'art qui avaient été déposés dans les mairies ou qui pouvaient se trouver détenus par des particuliers.


Les objets ainsi récupérés formèrent, avec ceux qui avaient été rassemblés par les soins du directoire du district de Draguignan, les premiers éléments de la bibliothèque-musée du chef lieu installée dans une partie du local de l'ancien couvent des doctrinaires et dont l'organisation fut confiée au citoyen Turrel.


Les objets ainsi récupérés formèrent, avec ceux qui avaient été rassemblés par les soins du directoire du district de Draguignan, les premiers éléments de la bibliothèque-musée du chef lieu installée dans une partie du local de l'ancien couvent des doctrinaires et dont l'organisation fut confiée au citoyen Turrel.


En décembre 1805 un décret impérial désigna Joseph Fauchet, préfet du Var, comme titulaire de la préfecture de la Gironde et en janvier 1806 Joseph Fauchet quitta la préfecture du Var.


Claude Gay (1800-1873 )


claude-gayClaude Gay naquit à Draguignan le 18 mars de l'an 1800.


Doué d'une santé exubérante le jeune Claude fit de ses jeunes années ce qu'avait voulu la nature: une vie d'exercices, de mouvements, de jeux plutôt qu'une vie d'études.


Une certaine métamorphose s'opéra en Claude Gay des l'age de dix huit ans.


En effet à cette époque, il fut placé, comme élève, dans une pharmacie de Draguignan.


Après avoir, pendant des mois, pilé de l'axonge, préparé des potions selon la formule et remplit toutes les taches d'un élève pharmacien, Claude Gay exhuma d'une vielle armoire de l'officine un livre de botanique élémentaire.


Il secoue la poussière de l'ouvrage, l'ouvre, le feuillette, se plonge dans les écrits, s'y intéresse, et voila sa vocation déterminée.


A partir de ce moment, le jeune homme n'est plus le même.


Sa curiosité est éveillée: il s'enquiert, s'interroge, se procure d'autres livres de botanique, il en parvient à reconnaître le genre, l'espèce, la famille de quelques plantes de nos champs.


Ses recherches dans les ouvrages se multiplient et, parallèlement à elles, ses explorations dans la campagne.


Il n'avait pas dix-neuf ans qu'il avait exploré presque tout le département du Var et en partie celui des Basses-Alpes.


Claude Gay séjournât un mois en Savoie gracieusement hébergé par un aimable châtelain, M. de Chatillon, dont l'hospitalité fut longtemps chantée par Lamartine.


Durant son séjour dans le manoir Savoyard, notre jeune botaniste s'enfouit dans les livres de l'immense et riche bibliothèque de la maison.


Toutes les informations recueillies par Claude Gay, à travers les anciens ouvrages du château, ne firent qu'accroître son intérêt sur les sciences de la botanique, de la géologie, de la minéralogie et de la zoologie.


Depuis son retour de Savoie, le jeune homme n'avait plus qu'un rêve, aller à Paris, ce véritable foyer de sciences.


En 1820 Claude Gay rejoint la capitale ou il acquit le poste d'aide pharmacien à l'hôpital de Saint-Denis et bientôt celui de pharmacien en chef.


De l'hôpital Saint-Denis le jeune pharmacien allait régulièrement suivre des cours à la Sorbonne.


Son assiduité, son application, ses connaissances acquises l' avait fait remarquer des plus illustres professeurs de l'époque.


Aussi lorsque le Chili demanda à la France des maîtres capables pour fonder une sorte de collège national à Santiago, Claude Gay fut désigné d'une voie unanime comme professeur de botanique et d'histoire naturelle.


Le 8 décembre 1828 Claude Gay débarque à Valparaiso après avoir séjourné un mois et demi au Brésil.


Au Chili tous les actes de Claude Gay ne furent jamais aussi bien dépeints que par son remarquable biographe chilien, M. Vicuna MACKENA, gouverneur de Santiago mais aussi éminent publiciste.


Le collège de Santiago était a peine fondé qu'il fut obligé de fermer ses portes.


Les professeurs se dispersèrent et durent chercher péniblement leurs moyens d'existence.


Quant à Claude Gay un meilleur sort lui échut.


Le ministre le fait appeler dans son cabinet et lui propose un plan qui ne pouvait que tenter l'ambition du jeune naturaliste.


C'était de faire dans le pays un voyage scientifique pour l'étudier sous toutes les faces, afin de le faire connaître d'abord à ses propres habitants et ensuite aux étrangers.


Le 14 septembre 1830 Claude Gay signe un contrat, qui le liera pour sept années avec le gouvernement du Chili, pour une étude scientifique du pays et de ses ressources.


Durant sept années, il voyagea avec une infatigable ardeur par toutes les vallées et les montagnes du Chili, depuis les déserts d'Atacama jusqu'à la cime du volcan d'Antuco.


Le butin recueilli dans les excursions fut immense, principalement au point de vue de la botanique qui était la science favorite de l'explorateur.


A cette époque on n'avait pas encore classé le tiers des plantes du Chili.


La conséquence de toutes ses exploration fut la publication, par Claude Gay, de l'Histoire Physique et Politique du Chili ouvrage qui comptera au premier rang de ces belles monographies que la science a consacré, de nos jours, a l'étude physique, géographique et naturelle des contrées du nouveau monde.


Claude Gay prolongea de dix ans son séjour dans le Chili.


Avec l'aide et l'appui du gouvernement central et des autorités locales, il a put consulter tous les documents conservés dans les archives de la nouvelle république.


Muni d'instruments sortis de nos meilleurs ateliers, entouré d'aides intelligents, il a établi dans le chef lieu de chaque province des observatoires météorologiques et, pendant une longue période, il a pu recueillir tous les renseignements nécessaires sur le climat et les variations atmosphériques du pays.


Pendant son long séjour dans les diverses contrées du Chili, Claude Gay a étudié avec le plus grand soin les phénomènes qui se rattachent au magnétisme terrestre, à l'état hygrométrique de l'air, aux oscillations de la colonne barométrique, à la température de l'atmosphère et à celle des sources.


C'est ainsi que suite au tremblement de terre de 1835 que Claude Gay pu vérifier les mouvements de terrains constant du Chili.


Il cita: «La géographie physique d'une contrée serait aujourd'hui considérée, avec raison, comme incomplète si elle ne comprenait pas une description géologique ».


Ainsi Claude Gay traça une carte du Chili indiquant la nature des roches de la nation.


Claude Gay, par des voyages répétés dans les diverses provinces du Chili, a put réunir des collections botaniques plus riches qu'aucune de celles faites par les scientifiques et voyageurs précédents, car non seulement, il a séjourné longtemps dans les parties voisines des grandes villes et des ports, mais il a fait, à plusieurs reprises, de longs voyages dans les diverses parties des Cordillères et dans les provinces australes et septentrionales plus rarement explorées.


Ce vaste travail de collecte de spécimens s'accompagnât de leurs descriptions (3767 espèces) et leurs déterminations reportées en huit volumes accompagnés d'un atlas de 100 planches.


La partie zoologique de l'ouvrage de Claude Gay est très étendue: elle forme huit volumes, avec un atlas d'environ 130 planches, elle contient une description détaillée des animaux de toutes les classes recueillis par cet explorateur pendant son long séjour dans le Chili et elle fait connaître la faune de cette contrée lointaine beaucoup mieux que nous ne connaissons celle de plusieurs parties de l'Europe.


L'étude des mammifères de Claude Gay a été fort utile, car elle nous fait connaître beaucoup de détails relatifs aux mœurs des animaux et elle jette des lumières précieuses sur l'histoire de plusieurs espèces importantes, très imparfaitement observées par ses prédécesseurs.


Tel, deux grands mammifères de la Cordillère des Andes, le Guamul et le Pudu qui appartiennent tous les deux au genre du cerf.


Les reptiles que Claude Gay a trouvés au Chili, sont au nombre de vingt-huit espèces dont plus de la moitié étaient nouvelles pour la science.


On peut aussi préciser que dans les régions explorées par Claude Gay, il ne parait exister aucun serpent venimeux et que notre voyageur a découvert une nouvelle espèce de fossile du genre Plésiosaure.


Un des secteurs des plus importants de la faune du Chili est celui relatif à l'histoire naturelle des Insectes et des Arachnides.


Dans l'ouvrage de Claude Gay on y trouve la description de 1833 espèces, dont à peine 200 était inscrites dans les catalogues entomologiques.


L'aperçu que nous venons de présenter des résultats contenus dans le travail de Claude Gay peut donner une idée de l'importance et du mérite de son ouvrage, l'une des plus remarquables publications dont les sciences naturelles se soit enrichies.


Les extraits des volumes scientifiques de Claude Gay doivent suffire pour en faire apprécier son œuvre et expliquer l 'honorable distinction dont il fut l'objet de la part de l'Académie des Sciences.


En effet, il fut nommé membre de l'Académie des Sciences en 1856, à la première présentation, ce qui est peu courant.


Le 1er mars 1858 l'Académie des Sciences promulgua avec détails et louanges l’œuvre de Claude Gay, dont le ministère du gouvernement Chilien avait estimé terminée (26 volumes).


Mais loin de s'endormir sur ses lauriers, notre nouvel académicien, sembla redoubler d'ardeur et d'application au travail.


Il restait dans son cabinet, enfermé dans ses chères études, depuis 6 heures du matin jusqu'à la même heure le soir, il ne prenait à peine une demi heure pour son déjeuner.


Chaque année, cependant, il s'arrachait à son labeur pour un ou deux mois, allant voyager dans une contrée quelconque de l'Europe et le plus souvent consacrant une partie de ses vacances à une tranquille et douce villégiature auprès des siens, dans la propriété du Deffends près de Draguignan (quartier le Flayosquet).


Le 15 mars 1863 Claude Gay effectua son dernier voyage dans les terres du Chili afin d'y accomplir ses ultimes recherches.


Le 13 septembre 1863 la nation Chilienne décrète une loi qui attribue a Claude Gay une rente à vie dont il pourra jouir hors du territoire.


Mais en décembre 1863 notre chercheur retourna définitivement en France.


Dans ses dernières années sa vue fut atteinte: une conjonctivite palpébrale l'obligea, à son grand regret, à ne plus travailler que quelques heures par jour.


A cette occasion on lui recommanda le tabac à priser et, lui, qui n'avait jamais fumé, ni prise de sa vie, se vit réduit à employer ce remède.


« Et depuis le mal est resté, disait-il, et le vice avec ».


Claude Gay, à son retour du Chili, vint s'installer à Paris dans la rue Guy de la Brosse, près du Muséum.


Il vécut là, sept ans environ, dans un modeste appartement, faisant éclore ses ouvrages aux brillants reflets du jardin du Roi.


Plus tard, fatigué par le bruit, le mouvement des grandes artères de la capitale, il changea de résidence et s'établit dans un quartier tranquille, dans la rue Ville-l'Eveque.


Mais depuis assez longtemps Claude Gay souffrait d'une infection des voies urinaires.


Il cachait la gravité du mal aux siens.


Cependant le mal empirait.


Prévoyant un dénouement prochain, il voulut finir ses jours sur le sol natal, et se mit en route presque mourant.


Il souhaita d'être conduit dans la propriété du Déffends que chaque année à peu près, il venait habiter pendant le mois de septembre.


C'était le 4 novembre 1873, Jamais le ciel n'avait été si brumeux.


Le beau ciel de Provence ne se montrai qu'a de rares moments et la tristesse du malade s'accroissait constamment.


Un matin cependant, le soleil parut dans tout son éclat et l'enjouement de Claude Gay sembla renaître avec lui.


Quelques jours après le temps redevint morose et le 29 novembre 1873 Claude Gay décéda.


Jean-Pierre CLEMENT (1809-1870)


jean-pierre-clementJean-Pierre Clément naquit à Draguignan le 2 juin 1809 et fit ses études au collège de cette ville, ou ses parents, du coté paternel, comme du coté maternel, formaient une sorte de dynastie d'honorables commerçants, des marchands drapiers.


Pierre Clément entra très jeune dans l'administration des postes.


Il débuta sa carrière administrative à Toulon puis fut nommé successivement, commis à Valence, à Grenoble et à Lille.


Il publia, pendant son séjour dans cette ville, en 1836, une Histoire de la Flandre.


Peut de temps après, M. Thier, qui l'avait chargé de faire des recherches sur diverses questions d'économie politique, l'appelait à Paris, et le faisait admettre dans les bureaux de l'administration centrale des postes, au Ministère des Finances.


Des son installation à Paris, Pierre Clément mit à profit les inépuisables ressources que lui offraient les bibliothèques et les dépôts d'archives, pour continuer ses études sur l'économie politique, et spécialement sur l'histoire de notre administration financière.


Il publia une série d'articles dans le Correspondant et dans le Journal des Économistes, dont il fut l'un des premiers collaborateurs.


En 1846, Pierre Clément soumit à l'académie des sciences morales et politiques, l'Histoire de la vie et de l'administration de Colbert, précédée d'une étude historique sur Nicolas Fouquet.


Cet ouvrage présenté à l'Académie française, en 1848, obtint le deuxième prix Montyon, qui lui fut décerné par l'Académie française dans sa séance solennelle du 17 août de la même année.


Pour faire suite à cet ouvrage, Pierre Clément publia, en 1848, Le gouvernement de Louis XIV ou l'administration, les finances et le commerce, de 1883 à 1889, qui fut couronné par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et obtint le deuxième prix Gobert.


Par décret du 3 mai de l'année suivante, Pierre Clément fut nommé chevalier de la Légion d'honneur.


Poursuivant ses travaux sur l'économie politique, Pierre Clément fit paraître, en1853, la biographie d'un célèbre financier, sous ce titre: « Jacques Cœur et Charles VII ou la France au XVe siècle ».


Pierre Clément publia, en 1854, sous le titre: Histoire du système protecteur en France, un éloquent plaidoyer en faveur de la liberté du commerce.


Après avoir énuméré les divers systèmes expérimentés depuis deux siècles, il démontre que la fortune publique a toujours progressé sous le régime de la liberté, tandis que le système protecteur n'a cessé de produire les plus funestes résultats.


Vers la fin de l'année 1854, Pierre Clément fit paraître un second ouvrage non moins intéressant, intitulé: Portraits historiques.


Les divers personnages dont il donne la biographie appartiennent à des époques différentes; ils forment cependant un ensemble qui ne manque pas d'unité.


Un décret du 14 avril 1855 créa, dans l'académie des sciences morales et politiques, une VIe section sous le titre de : Politique, Administration, Finances.


Un décret du même jour le nomma membre de cette nouvelle section de l'institut.


Pierre Clément commença, en 1859, la publication de la correspondance de Colbert, à laquelle il devait consacrer les dix dernières années de sa laborieuse existence.


Cette mission lui fut confiée par un décret impérial du 11 août, rendu sur la proposition de M. Magne, ministre des finances, et conçue en ces termes : « M Pierre Clément,membre de l'institut, dont les ouvrages sur Colbert et sur le gouvernement de Louis XIV ont été couronnés par l'Académie française et par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, me semble être particulièrement en mesure de réunir et de publier la correspondance choisie, les mémoires et les instructions de Colbert, depuis 1650, ou il fut attaché à Mazarin, jusqu'en 1683, époque de sa mort ».


Entre temps, et sans doute pour délasser son esprit fatigué par le dépouillement de cette immense correspondance, Pierre Clément publie des études de mœurs et des biographies.


En 1860, il donne une nouvelle édition des Réflexions sur la miséricorde de Dieu et les Lettres de la duchesse de Vallière.


Puis parut en 1866 un recueil de faits inédits: La Police sous Louis XIV.


Sous le titre de : L’Italie en 1671, Pierre Clément publia l'intéressant voyage du marquis de Seignelay.


Tout en habitant Paris et étant nommé conservateur de la bibliothèque et des archives du ministère des finances (en 1860), Pierre Clément n'oublia pas Draguignan, puisqu'il se fera élire conseiller général du canton d'Aups et siégera pendant dix ans dans notre assemblée départementale (1857- 1867).


Pierre Clément s'intéressa à la Société d'études scientifique et archéologiques de Draguignan et dans un compte rendu des mémoires publiés par cette société, il s'exprime ainsi: La Société d'études de Draguignan ne date que de 1856, déjà pourtant elle a prouvé qu'elle était un centre utile et que ses fondateurs n'avaient trop présumé ni de leurs forces ni des sympathies qu'ils espéraient obtenir.


Hélas! Cette vaste intelligence fut brisée presque subitement.


Pierre Clément mourut, le 8 novembre 1870, au moment où il mettait sa signature sur le dernier volume des Lettres et Instructions de Colbert.


Charles-Abel DOUAY (1809-1870)


Général Abel DouayCharles Abel Douay est né à Draguignan (Var) le 2 mars 1809.


Il est le fils de Charles Louis Barthélemy Douay, capitaine au 1er Régiment de ligne, chevalier de la Légion d'honneur, en garnison dans cette ville et de Charlotte d'Autane, son épouse.


Il épouse à Strasbourg, le 3 novembre 1843 mademoiselle Lina Aimée Louise Heancre, née le 12 janvier 1822 à Passy (Seine).


Campagnes

  • 11 avril 1832 au 1er janvier 1837 : Martinique
  • 1er janvier 1837 au 10 novembre 1837 : Guadeloupe
  • 28 septembre 1847 au 8 janvier 1851 : Algérie
  • 15 mai 1854 au 28 décembre 1855 : Algérie
  • 25 avril au 24 juin 1859 : Campagne d'Italie
  • 18 juillet au 4 août 1870 : Campagne contre la Prusse.

Décorations


Décorations française

  • Grand Officier de la Légion d'honneur (24 décembre 1869)
  • Médaille d'Italie

Décorations étrangères


  • Grand-croix de l'Ordre pontifical de Saint Grégoire le Grand
  • Commandeur de l'Ordre Militaire de Savoie
  • Titulaire de l'Ordre de Léopold

Le général de division Abel Douay est le premier général français tué à l'ennemi pendant la campagne contre l’Allemagne : bataille de Wissembourg le 4 août 1870.


Gastinel PACHA (1811-1899)


Gastinel PachaJoseph-Bernard Gastinel naquit le 22 août 1811 à deux heures du matin à Draguignan, de César Gastinel et de Thérèse Reboul son épouse.


Orphelin de père très jeune, Joseph Bernard suivit les cours d'enseignement primaire puis assisté par sa sœur et son voisin l'abbé Buis, qui lui enseigna ses premières leçons de latin, il s'acquitta très honorablement de ses taches scolaires et termina ainsi ses études classiques au collège.


Le peu de moyens financiers de la famille Gastinel fut un obstacle à la poursuite des études de Joseph-Bernard dans les écoles d'enseignement supérieur.


Sa sœur l'orienta vers la découverte de la carrière pharmaceutique en le faisant admettre comme élève dans un laboratoire Dracénois.


Ainsi le 16 août 1828 à l'age de dix-neuf ans Joseph-Bernard Gastinel entra chez M. Gay illustre pharmacien jouissant d'un considérable savoir et possédant une grande intégrité professionnelle.


Trois années passèrent au service de M. Gay, quand épris d'ambitions nouvelles et confiant en son destin, le jeune élève décida de s'installer à Marseille.


Employé dans une grande pharmacie phocéenne, Gastinel éprouva peu de passion pour son activité considérant le manque d'intérêt scientifique à servir la clientèle.


Heureusement son admission comme élève interne dans le service de santé de l'Hôtel Dieu, enthousiasma tant Gastinel que si tôt son service terminé il occupa tout ses loisirs à suivre des cours de médecine et fréquenta les établissements scientifiques de la ville.


Au terme de trois ans de travaux incessants une opportunité imprévue survint projetant ainsi Gastinel vers un nouveau cap.


En effet pendant cette période, 1835, le vice-roi d’Égypte Mohamet Aly demandait à la France toute personne de bonne volonté afin de participer à la renaissance de son pays.


Joseph-Gastinel se rendit en Égypte auprès de son émérite compatriote le docteur Clot Bey, fondateur, en ce pays, du service de santé et enseignant les sciences médicales.


Le jeune Gastinel fut rapidement nommé aide-major pharmacien et préparateur de cours à l'hôpital militaire d'instruction.


En 1837 un conflit éclata entre le vice-roi d’Égypte et son suzerain, Gastinel fut envoyé en Syrie afin de répartir des médicaments dans divers hôpitaux de fortune pour enrayer une épidémie qui décimait l'armée Égyptienne.


Trois années s'écoulèrent avant que la paix soit obtenue avec la Turquie, l'armée dut regagner ses terres, parcourant pendant de longs mois des régions escarpées endurant ainsi de multiples épreuves.


Durement éprouvé par l'expédition en Syrie, le jeune pharmacien décida de quitter volontairement son service au sein des troupes pour prendre la direction d'une pharmacie au Caire en 1841.


S'accordant de rares temps libres Gastinel s'employa à étudier une plante appelée Haschisch.


Il en extrait une résine nommée Haschischille ou Cannabine qui possède la propriété d'un principe actif agissant comme un efficace modificateur lors de cas de graves névroses.


Plus tard Gastinel fut sollicité par un éminent médecin le docteur Pruner Bey pour étudier l'écorce de Mussenna, un arbre d'Abyssinie.


Il en isola une substance organique, l'alcaloide du Mussenna qui agit comme puissant toenifuge, produit couramment utilisé en Abyssinie.


Le résultat de tels travaux scientifiques participèrent à la reconnaissance de Gastinel par le monde médical.


L'intérêt de la chimie organique et son vaste domaine d'étude, attira notre pharmacien qui en 1855 céda son officine, et sur une suggestion du conseil général de santé entra au service du gouvernement en qualité de chef du département pharmaceutique des hôpitaux civils avec le grade de médecin major.


Pendant trois années Gastinel connut une ascension remarquable, gravissant plusieurs échelons au sein de la hiérarchie médicale.


Envoyé comme pharmacien en chef des hôpitaux en Alexandrie, il fut nommé pharmacien principal en 1858, puis acquit le titre de professeur titulaire de physique et chimie à l'école de médecine et pharmacie du Caire en 1859.


Quatre années passèrent quand, en 1863, le gouvernement chargea notre professeur de veiller à la création d'un jardin d'acclimatation.


Gastinel développa ses études sur le blé égyptien.


Après plusieurs années d'études effectuées au sein du jardin d'acclimatation sur les vertus des blés européens et africains, il put mettre en exergue les propriétés supérieures du blé de Médéah provenant d'un terroir algérien.


Le blé de Médéah introduit aux États-Unis fut particulièrement estimé par la nation américaine qui le baptisa blé Gastinel.


L'année 1865 fut probablement pour Gastinel l'année de tous les excédents d'activité.


En effet une grande épidémie de choléra éclata en Égypte puis se répandit en Europe.


Touché par ce fléau le gouvernement français soucieux d'entraide humanitaire dépêcha à Djedda, Arabie, le docteur Schnepp qui localisa rapidement le foyer principal d'infection dans la ville sainte de l'islam, La Mecque.


Le docteur Shnepp rencontrait Gastinel au Caire et les deux chercheurs étudièrent les mesures d'urgence pour enrayer l'épidémie.


L'application, à la Mecque, de plusieurs procédés d'hygiène permis de stopper totalement la propagation de l'épidémie du choléra.


A la fin de 1865, le Comte Delbane, Consul Général du Brésil alors en poste en Égypte, demanda au professeur Gastinel au nom de l'Empereur Don Pedro, une importante analyse tentant à perfectionner la production de coton, de café et de tabac principales productions du Brésil.


Gastinel conclut son étude et proposa un principe d'exploitation dont les effets à court terme permirent aux agriculteurs d 'améliorer nettement des produits qui constituent encore aujourd'hui l'une des précieuses ressources du Brésil.


En 1866 les grands services rendus au Brésil par Gastinel furent couronnés par l'attribution de la Croix de Chevalier du Christ du Brésil décernée par l'Empereur Don Pedro.


L'attention de Gastinel se porta en 1867 sur la composition des eaux d'alimentation d'un grand bassin situé en amont de l'aqueduc qui desservait jadis la citadelle du Caire.


Après avoir effectué l'analyse chimique de la source appelée Ain Syreh, source au petits poissons, il constata son importante teneur en sel de magnésie.


Ces eaux peuvent être comparées à celles d'Epson en Angleterre et Seidschutz en Bohême qui possède un grand pouvoir purgatif.


La magnésie extraite des eaux de Ain Syreh constitua une nouvelle richesse pour l'état Égyptien.


L'un des plus mémorables événements du XIXéme siècle fut certainement l'inauguration du canal maritime de l'isthme de Suez en 1869, dont le diplomate français Ferdinand de Lesseps fut le promoteur.


Une somptueuse cérémonie se déroula en présence de l'Impératrice Eugénie épouse de l'Empereur Napoléon III, de l'Empereur d'Autriche-Hongrie, de son Altesse le Khédive, des princes et princesses de Hollande et de Prusse ainsi que d'illustres invités de tous pays.


Profitant de son voyage en Égypte l'Impératrice Eugénie accompagnée par le célèbre archéologue Auguste Mariette visita les vestiges des grands monuments érigés par l'ancienne civilisation.


Au terme de cette promenade au sein de la splendeur d'un prestigieux passé, l'illustre visiteuse se rendit au village de Sakarah ou l'attendait le Khédive et sa suite pour prendre part à la visite nocturne des pyramides et du Sphinx.


Pour marquer cet événement d'une touche de magnificence le Khédive avait commandé à Gastinel l'illumination des monuments.


Les pyramides, le Sphinx et le temple de granit attenant furent alors parés d'un fastueux et inédit éclairage électrique.


Au Caire l'Impératrice Eugénie décerna au professeur Gastinel Bey la Croix de Chevalier de l'Ordre de la Légion d'Honneur, pour ses inestimables services rendus en Égypte.


Par un courrier daté du 14 mars 1870, le vice-président de la Société d’Études Scientifique et Archéologique de Draguignan, M. Astier lui fit part de l'attention portée par les sociétaires sur les travaux médicaux chimique effectués en Égypte.


Lors d'une séance la Société d’Études décida d'offrir le titre de membre honoraire à Gastinel Bey à compter du 1er janvier 1870.


Une telle considération portée au sein même de sa ville natale réjouit profondément le Provençal expatrié.


Courant 1870, les espérances du vice-roi d’Égypte se portèrent sur le développement de la culture de la canne à sucre dans les étendues de la haute Égypte.


Mais ce type de plantation exigeait un engrais possédant de fortes teneurs en azote et phosphate.


On utilisait à cette époque la colombine, mélange de déjections de pigeon et d'oiseau de basse-cour, matière insuffisante et d'un coût trop élevé.


Gastinel fut chargé d'y suppléer par l'utilisation d'un engrais économique et aux ressources illimitées.


Un engrais idéal fut découvert par notre professeur en pharmacie par l'association de graines de coton et aux cendres de bargasse fournies par les fabriques de sucre (en proportion bien définies) il obtint un nouvel engrais de conception simple et pouvant être fabrique en grande quantité et à peu de frais.En 1871 Gastinel fut chargé de l'étude de la mise en valeur du poisson péché dans les régions de Basse-Égypte proches de Hatarich et du lac Menzaleh, ce qui lui permit de moderniser les procédés de préparation et de conservation procurant ainsi un équilibre alimentaire fort apprécié des populations.Une année plus tard, le souverain d’Égypte chargea Gastinel de préparer l'exposition universelle de Vienne de 1873 pour laquelle il fut nommé membre de la commission d’Égypte et du jury international pour les arts chimiques.


Il sélectionna et prépara une grande variété de produits pharmaceutiques et chimiques destinés à faire découvrir les vertus des produits du sol égyptien.


L'aspect novateur ou insolite de quelques produits Comme le vin de Basse-Égypte, les poissons salés et boucanés du lac Menzaleh ainsi que différentes préparations pharmaceutiques a base d'eucalyptus (encore utilisées actuellement) attirèrent et intéressèrent nombre d' investisseurs.


Le vif intérêt suscité par ces produits incita le jury international à leur accorder de nombreux prix.


Le professeur Gastinel se vit en qualité de membre du Jury et tant qu'exposant, décoré de la Croix de Commandeur de l'Ordre Impérial de François Joseph d'Autriche.


Une source située sur le plateau d'Hélouan fut soumise à analyse par Gastinel qui publia ses conclusions en 1868.


Treize années plus tard, en 1881, il publia de nouvelles études prouvant la valeur thérapeutique des eaux d'Hélouan encourageant le gouvernement à bâtir sur le site un important établissement thermal.


Lors des travaux les forages firent jaillir sept nouvelles sources de nature sulfureuse, saline et ferrugineuse, qui firent la notoriété mondiale d'Hélouan-les-Bains.


Ce travail en 1883 valut à Gastinel Bey d'être décoré par le Ministre du Commerce français d'une médaille d'argent.


L'année suivante M. Barrère, Ministre de France en Égypte demanda au gouvernement français que soit attribué à Gastinel Bey les Palmes Académiques.


En 1886 le professeur fut honoré pour ses travaux en matière d'acclimatation par la remise de la Croix du Mérite Agricole.


Après avoir gravi tous les échelons de la hiérarchie du service de la santé, Gastinel Bey ayant accomplit quarante années en grande partie au sein du corps professoral, put en 1887 se retirer de la vie active.


En 1888 le Khédive Terofik considérant les services rendus à son pays par l'éminent professeur en pharmacie conféra à ce dernier le grade de PACHA.


Ce fut le sacre mérité d'une longue carrière marquée par la recherche, l'enseignement, les travaux d'acclimatation, d'hygiène, la création de produits thérapeutiques mais aussi la publication d'une somme considérable de traités dont la plus part figurent dans les mémoires et les bulletins de l'institut Égyptien.


Quel chemin parcouru par notre élève pharmacien durant quarante années consacrées au service de la science et de la santé publique, qui le mena, courageux pionnier, aux plus hauts grades et distinctions dédiées aux hommes de savoir.


C'est avec une grande amertume que Gastinel Pacha dut pourtant se résoudre à quitter l’Égypte ou sa renommée avait atteint une si grande popularité, du Khédive jusqu'au plus humble fellah, pour rejoindre sa terre natale afin d'y jouir d'un repos mérité au sein de sa famille.


Joseph-Bernard Gastinel se retira à Marseille au début des années 1890 ou il décéda le 31 août 1899 dans sa quatre-vingt huitième année.


L'indifférence témoignée par sa ville natale à la mort de son illustre enfant donne une juste et navrante dimension de l'oubli de sa mémoire.


Frédéric Mireur, dans son article nécrologique consacré au professeur Gastinel, exprima son émotion devant un tel dédain: « Il fut quelqu'un ce Dracénois parvenu ailleurs aux premiers honneurs et plus ignoré de sa ville natale que telle médiocrité du jour. Phrase prémonitoire qui malheureusement trouvera son écho durant plus d'un siècle."

Joseph Louis LAMBOT-MIRAVAL (1814-1887)


Joseph Louis Lambot MiravalLambot Joseph Louis, dénommé plus tard Lambot-Miraval, naquit à Montfort sur Argens (Var) le 22 mai 1814.


Descendant d'une vielle famille provençale, il commença ses études à Brignoles, et les acheva à Paris, rue Louis le Grand, dans l'institution Morin, où il fut placé par son oncle, le Général baron de Lambot, qui était alors Secrétaire des commandements et aide de camp de Louis de Bourbon, Prince de Condé.


Après avoir suivi a Aix en Provence, les cours de l’École de Droit, il fit de nombreux voyages, puis il résida chez son grand père à Miraval, annexe de Correns.


En 1841, il épouse Mlle Lucette Latil, de Draguignan, et vient habiter Carcès, ou il passe quelques années.


Enfin il s'installe dans le Domaine de sa famille, à Miraval et y mène une vie très active, consacrée tout entière à l'agriculture et à d'utiles inventions.


C'est peu après son mariage que Lambot invente le ciment armé, très habile de ses mains, il confectionne, en 1845, des caisses pour oranges, des réservoirs, des étagères, etc ..... en fil de fer recouvert, de ciment; puis avec les mêmes matériaux, il construit un premier bateau qui flotte sur le petit lac de Miraval, en 1848, et qu'il dénomme bateau ciment.


C'est le 30 janvier 1855 que Lambot prend un brevet d'invention, ainsi conçu: Combinaison de fer et de ciment destinée à remplacer le bois et dite: Fer-ciment succédané du bois de construction.


« Mon invention a pour objet un nouveau produit qui sert à remplacer le bois, tant pour les constructions navales que pour celles qui ont à combattre l'humidité, telles que les madriers, les réservoirs à eau, les caisses d'orangers etc...


Le nouveau succédané se compose d'un réseau métallique, d'une combinaison ou d'un entrelacement quelconque de fils ou de barres.


Je donne à ce réseau la forme la mieux appropriée à l'objet que l'on veut imiter, pour l'empâter ou le rejointoyer ensuite avec du ciment hydraulique ou autre, tels que bitume, coaltar et leurs composés employés à froid comme à chaud.


Je réclame pendant la durée de mon brevet (15ans) la propriété exclusive et privative du succédané du bois qui se compose essentiellement d'un réseau ou faisceau métallique empâté dans du ciment quelconque».


Ce brevet d'invention était valable en France, en Belgique et en Angleterre.


Cette même année 1855, il eut à Paris une Exposition Universelle à laquelle Lambot exposa un bateau ciment qui obtint un succès considérable et attira l'attention de la Commission De la Marine.


Le 20 novembre 1855 Lambot reçut une lettre du Préfet Maritime.


En voici son texte:


"Vous avez exposé au Palais de l'Industrie à Paris, un modèle d'embarcation d'une construction particulière.


La commission de la Marine après l'Exposition Universelle a pensé que l'idée qui a présidé à son exécution mérite d'être signalée, et sans croire que le système puisse être appliqué aux embarcations ou aux bâtiments de mer, elle a émis l'opinion qu'il y aurait intérêt à l'essayer à la construction d'une bouée mouillée sur rade de Toulon.


Je vous serai reconnaissant de me dire quel serait le prix de revient de cette bouée, et je recevrai, en même temps avec le plus vif intérêt, toutes les informations supplémentaires que vous voudrez bien m'adresser, et que je serai heureux de placer sous les yeux du Ministre de la Marine.


Recevez, Monsieur, l'assurance de ma parfaite considération. Le Contre-Amiral, Préfet Maritime CLAVAUD."


Lambot eut bien vite fait de construire une bouée en fer ciment, laquelle fut mouillée en rade de Toulon.


A la suite de cet essai, il reçut une lettre de félicitations du préfet Maritime, et l'affaire en resta là.


Des deux lettres adressées à Lambot, il résulte qu'en 1855 nos marins étaient convaincus que son invention n'était pas appelée à s'appliquer aux bâtiments de mer; l'avenir devait les détromper.


En effet, au début du XXe siècle, des cargos et navires en ciment armé étaient construits en Amérique, en Italie et en France.


La primauté de l'invention de Lambot est indiscutable.


Elle fut certifiée à nouveau dans la «dépêche de Constantine» (N° du 5 février 1909) ou l'humoriste C. Marc s'exprime au début d'un article dans les termes suivants : « Le bétonnage est né sur les bord de la méditerranée vers 1855 ... Son inventeur n'est pas un de ces grands Ingénieurs venus de Polytechnique ou des ponts et chaussées ni même de l’École d'Architecture,auxquels les« camarades» et les« snobs» élèvent un monument une statue ..... C'est un simple ........ jardinier, nommé Lambot. Il jardinait à Miraval, un « petit trou pas cher» du Var. »


Le 27 Avril 1855, Lambot est admis membre de la société d'acclimatation de Paris, puis en 1858, membre de la Société d'Agriculture, de commerce et d'industrie, dont le siège est à Draguignan, et l'Académie du Var, dont le siège est à Toulon.


Lambot savait mettre les mains à tout: instruments agricoles, menuiserie, forge, charronnage, maçonnerie; c’était un grand travailleur.


Son labeur et ses créations (serre, tombereau à vendange, bateaux, etc.. .) furent récompensés en 1864, au concours régional agricole de Draguignan, par l'attribution d'une médaille d'or.


Après une vie de travail probe et fructueux, Lambot se retira a Brignoles ou il mourut le 2 août 1887, laissant le souvenir d'un homme bon, affable, sympathique, dont l'ambition avait été le désir d'être utile aux autres.


Aujourd'hui, deux bateaux fer-ciment de Lambot sont précieusement conservés au Musée de Brignoles et nous pouvons adresser notre gratitude envers M. Latil neveu de Lambot et dévoué trésorier de la société d'étude pour avoir fait don le 1er décembre 1949 à cette société de la maquette de l'un des célèbres bateaux qui, pendant longtemps, ont flotté sur l'étang de Miraval.



Hippolyte MEGE-MOURIES (1817-1880)


Hippolyte Mege MouriesHippolyte Mège-Mouriès est né à Draguignan le 24 Octobre 1817.


Il était le fils de Jean Joseph-Emmanuel Mège, instituteur, et de Marie Marguerite Mouriès, son épouse.


Il fit ses classes jusqu'à 16 ans au collège de Draguignan.


Puis il entre en apprentissage dans cette ville, chez le pharmacien Blanc, 7, place aux Herbes.


Il continue son apprentissage à Aix, puis à Paris, rue des Martyrs, dans l'officine de M. Jourdain.


En 1837 a 20ans il prépare son internat en pharmacie.


Il est reçu interne l'année suivante, et en fonction à l'Hôtel Dieu le 1er Avril.


Son stage devait durer 4 ans.


Mais dès le 1er septembre 1838, il est reçu à l'unanimité membre de la société d’Émulation pour les sciences pharmaceutiques.


Il s'intéressa d'abord aux maladies de la vigne, et présenta à l'Académie des Sciences en 1853 des expériences commencées en 1849, ayant pour objet de chercher les moyens les plus efficaces pour préserver la vigne de l'attaque de l'oïdium Tuckeri.


En 1848 (le 2 Septembre) il avait déposé un brevet d'invention concernant un procédé d'extraction et de raffinage du sucre contenu dans la canne, la betterave ou autres plantes, etc ... ainsi que les moyens propres à empêcher l'altération dans les végétaux pendant leur conservation et dans les appareils pendant son extraction.


En 1852, il fait sa première découverte importante sur le rôle du phosphate de chaux dans l'alimentation humaine.


Il en adresse, dès Juillet 1852, un ouvrage à l'Académie des sciences sous le titre:« Du phosphate de chaux dans ses rapports avec la nutrition des animaux, les maladies et la mortalité des enfants dans les villes."


Le mot de diététique n'était pas encore inventé.


Mais Mège- Mouriès presse cette science et en jette les premières bases.


Par son travail, il a constaté que les habitudes de la civilisation altèrent les conditions naturelles de l'existence de l'homme.


De 1852 à sa mort, il cernera de toute part ce problème tout en s'activant en permanence à la recherche de solutions pratiques pour remédier aux carences alimentaires.


En 1853, il découvre l'importance de l'action digestive d'une amylase: la diastogène.


En 1856, continuant ses travaux sur la planification encouragé par l'Académie des sciences, Mège-Mouriès obtenait un pain blanc irréprochable avec toute la substance assimilable du froment.


La Société d'agriculture, sous la présidence de Chevreul, décerna en 1858 à Mège-Mouriès pour ses travaux la grande médaille d'or.


Trois ans plus tard, l'empereur Napoléon III récompensait à son tour le savant, en lui remettant de ses propres mains au cours d'une audience aux Tuileries, la croix de Chevalier de la Légion d'Honneur.


Il appartenait à Mège-Mouriès de répondre au problème posé par voie de concours en 1869 par Napoléon III.


«Découvrir un produit propre à remplacer le beurre ordinaire pour la marine et les classes peu aisées.»


Mège-Mouriès résolut le problème après une série d'expériences à la ferme de Vincennes, centre expérimental dont l'Empereur lui avait ouvert les portes, et le 15 juillet 1869, il déposât son brevet.


En effet, il s'était aperçut que le lait des vaches mises à la diète contenait toujours des matières grasses.


Les vaches maigrissaient, leur lactation diminuait, mais leur lait demeurait très riche!


Ces matières grasses ne pouvaient donc venir que de la graisse de l'animal qui prenait, pour ainsi dire, sur ses réserves.


Cette graisse, résorbée et entraînée dans la circulation, se transformait pour fournir « l'oléo-margarine » aux mamelles.


Suivant cette observation, Mège-Mouriès s'applique à reproduire ce phénomène physiologique.


Il se sert d'abord de graisse de vache et parvient a obtenir un produit ayant un point de fusion très voisin de celui du beurre, capable de le remplacer dans la plupart de ses emplois et se conservant très longtemps sans rancir.


Puis il essaye le même procède sur la graisse de bœuf et obtient le même résultat, c'est-à-dire un aliment sain et naturel se rapprochant beaucoup plus du beurre que les graisses et les suifs simplement fondus.


Il baptise cette substance oléo-margarine puis plus simplement Margarine.


La guerre de 1870 et les difficultés de ravitaillement interrompent l'essor de cette découverte.


Dans Paris assiégé ou le bétail est si rare que les bêtes du jardin des Plantes finissent à la casserole, on ne peut fabriquer la «margarine Mouriès ».


La paix revient, et les travaux de Mège-Mouriès reprennent.


Le Conseil d'Hygiène et de Salubrité du département de la Seine ayant examiné les résultats autorise la commercialisation de la margarine dès Avril 1872.


Cependant Mége-Mouriès améliore son produit en le lissant après l'avoir baratté avec du lait additionné de beurre (brevet du 11 mai 1874).


Dès cette date, la création de Mège est exploitée en France et à l'étranger.


Dès lors, il se consacre à d'autres travaux.


La mort le surprend en 1880, alors qu'il travaille à laisser intact au sel marin les principes vivifiants de l'eau de mer (fer, brome, iode).


Le sel marin généralement utilisé est trop pur.


Ce point de vue est actuellement celui des diététiciens, qui ont peut-être oublié jusqu'à son nom.


La personne de Mège-Mouriès , ce savant oublié, pose bien des problèmes.


Comment est-il, comme on dit, monté à Paris.


Comment a-t-il fait sa place, à la Société d’Émulation des sciences pharmaceutiques comme à l’Académie des Sciences?


C'est là toute la question de la promotion des hommes au XIXe siècle.


Octave Tessier (1825-1904)


Octave Tessier naquit à Marseille le 9 janvier 1825, fils de Jean Tessier, avocat, et de Zoé-Marie Laugier.


Il était le dernier survivant de cette forte génération qui fait Honneur à la Provence.


Le Dr Damase Arbaud, Blancard, archiviste en chef des Bouches du Rhône, le chanoine Albanès, l'historien ecclésiastique si estimé, de Ribbe, de Berluo-Pérussis furent ses contemporains et ses amis.


En 1853 il avait été remarqué par le préfet du Var Mercier Lacombe qui le choisit pour sous-chef de cabinet.


Il fut nommé ensuite receveur municipal de la ville de Toulon de septembre 1855 à septembre 1873.


C'est la ville de Marseille qui le choisit comme archiviste en 1874, mais le mouvement bruyant de cette grande ville fatigua Octave Tessier car il choisit comme ultime résidence Draguignan, où il fut conservateur de la Bibliothèque et du Musée jusqu'à son décès.


On peut dire que chacune des étapes de sa carrière fut marquée par des travaux historiques de la plus haute valeur sur les villes où il résidait.


En effet, a Toulon, il secoue la poussière des archives séculaires, il trie et classe, en quelques années, un amas confus de 80.000 pièces; il restitue le passé de cette ville, et l'histoire de Toulon au Moyen Âge.


Octave Tessier publie le plan, l'histoire et l'état de cette ville en 1442.


Cette publication fut considérée par les critiques les plus compétents comme un chef d’œuvre d'érudition.


L'ouvrage Toulon au Moyen Âge et bien d'autres publications valurent à Octave Tessier la croix de la Légion d'honneur, la rosette d'officier de l'instruction publique, le titre de membre non résidant du comité des travaux historiques.


A Marseille il dépouillera les riches archives de la chambre de Commerce et il résumera son admirable travail en plusieurs volumes précieux pour les chercheurs.


Tessier a consacré exclusivement ses études littéraires et ses recherches historiques à sa chère Provence: Antibes, Cotignac, Bandol, Lorgues, Toulon, Marseille et Draguignan lui doivent des publications et des monographies justement estimées dans le monde des érudits et des lettrés.


Il se fit aussi l' historien des grandes familles de Provence, le biographe de nos célébrités: les Villeneuve, les Forbin, les Sieyès, les du Bellay, les Valbelle.


On doit aussi à Octave Tessier le catalogue du Musée de Draguignan, qui publié en 1893 perdura plus d'un siècle, ce fut l'unique catalogue du Musée édité au vingtième siècle !


Octave Tessier décéda à Draguignan le 19 novembre 1904.


Philippe-Jacques BUISSON (1833-1882)


Philippe-Jacques Buisson , dit Tistet Buisson est né à Draguignan en 1833.


Extrait du « Dictionnaire de la musique pour galoubet-tambourin et autres flûtes de tambourin, éd. 2005, doc. non édité» de J-B Giai


" Tambourinaire, violoniste et chef d’orchestre, il découvrit le galoubet à travers « Lou tambourin » de F. Vidal.


Il remporta plusieurs concours puis partit pratiquer son art à Paris avec l'aide de Mistral qui le recommanda à Alphonse Daudet, il enchaîna succès sur succès.


Il se serait produit à Londres en 1873.


Auréolé de ses succès parisiens, il retourna alors en Provence où il dirigea les musiques municipales des Arcs et de Draguignan, exécutant des parties de soliste accompagné de ses musiciens.


Toutefois, ses tentatives ne connurent pas le même succès.


Il sombra alors dans la folie et mourut en 1882. Il fut surnommé le roi des tambourinaires ".


Il a notamment composé le tioutiou : onomatopée du rossignol.


Il était très apprécié d’Émile Zola :" Vous êtes un maître, ce qu'il vous faut c'est un public d'élite ayant conscience de votre art".


Tistet Buisson a inspiré Alphonse Daudet pour créer le personnage de Valmajour dans Numa Roumestan.


Certains Provençaux ont été enthousiastes et ont écrit d’excellentes critiques sur ce livre.


Mais il en est qui ne pardonnent pas à l’auteur d’avoir ridiculisé le tambourinaire Valmajour.


Voici un extrait du bulletin de la société d'études du Var :


"Pour tous ceux, encore nombreux qui le connurent, Philippe Buisson ne ressemble en rien au grotesque Valmajour de Numa Roumestan.


L'artiste rénovateur des méthodes routinières et créateur en son genre, qui atteignit, au dire des connaisseurs, une perfection que nul n'a égalée depuis, mérite mieux que l'immortalité du ridicule.


La charge désopilante en soi et d'un irrésistible comique de l'Aristophane du midi ne serait, au surplus, d'après un témoignage autorisé, qu'une petite vengeance — oh ! bien petite ! —de l'auteur aigri de L'Arlésienne."


Frédéric MIREUR (1834-1919)


Frédéric Mireur naquit à Draguignan le 9 octobre 1834 au n° 32 du Boulevard de la Liberté.


Fils d'un maréchal ferrant le jeune Frédéric fut un élève assidu et travailleur, amoureux de son collège il se passionna très jeune pour la structure et l'appareil de cet ancien établissement situé rue du collège (actuellement rue Frédéric Mireur).


Au lendemain même de ses examens, Frédéric Mireur eut la bonne fortune d'attirer l'attention d'un homme de grande bonté qui jouissait à Draguignan d'une bien légitime réputation et qui en était le maire.


Monsieur le Dr Bouyer fut pour notre jeune bachelier un protecteur précieux.


D'abord employé à la commune comme simple agent administratif, il devint secrétaire général de la mairie le 31 mars 1858.


Mais les simples taches administratives ne convinrent pas longtemps à Frédéric Mireur, ce dernier se mit en quête de classer et d'inventorier toutes les archives communales.


C'était sa première contribution à des recherches qui devaient le passionner peu à peu et lui ouvrir l'avenir.


A cette période notre fonctionnaire remarqua que toute autorité entraîne systématiquement dans ses démarches une opposition quelque fois opiniâtre et farouche.


C'est ainsi sentant poindre des menées politiques Frédéric Mireur créa avec quelques amis l’Écho du Var à l'imprimerie Garcin.


C'était une feuille surtout littéraire, mais qui pouvait, le cas échéant, rendre service à M. le Maire.


A la tête d'une brillante cohorte de jeunes écrivains, Frédéric Mireur était le maître spirituel du journal, touchant à toutes les rubriques avec un grand esprit.


On attendait de cette revue hebdomadaire des faits de la semaine, avec autant de curiosité que d'effroi, car si ces jeunes avaient toujours de l'esprit, ils avaient la dent dure et parfois impertinente, quoique jamais méchante.


Frédéric Mireur avait fondé l’Écho du Var pour parer aux dangers de la politique.


Mais la politique l'emporta, et en 1871 le journal disparut, à l'heure même ou son fondateur était relevé de ses fonctions de secrétaire général de la mairie.


Frédéric Mireur avait alors 37 ans et il était trop tard pour songer à entrer à l’École des Chartres.


Qu'à cela ne tienne, le jeune archiviste, après un travail assidu de deux années, se forma de telle façon qu'il fut nommé archiviste provisoire départemental le 3 juillet 1873.


Notre archiviste séjourna ensuite deux mois a Paris afin d'y effectuer un stage de paléographie.


Mais ces soixante journées écoulées dans la capitale plongèrent Frédéric Mireur dans une profonde mélancolie, en effet il supportait difficilement l'éloignement de sa petite ville natale: Draguignan.


L'opiniâtreté porta ses fruits car il fut reçu brillamment à l'examen d'archiviste paléographe le 18 juin 1874 et titularisé dans le Var le 26.


Le rêve amorcé à la Mairie s'est réalisé et Frédéric Mireur s'installa à la Préfecture dans le bureau de ses prédécesseurs Ricaud et Caillat, bureau qui devint bien vite exigu, non pas par son ambition, mais pour la place essentielle qu'il entendait donner aux collections.


A cette époque il fallait grimper tout en haut de l'hôtel de la préfecture pour trouver le jeune archiviste plongé dans ses vieux papiers, et que venaient, déjà, consulter les maîtres de la science.


Frédéric Mireur en bon Dracénois continua pendant un demi siècle ses investigations précieuses dans le département et ses promenades à travers les moindres ruelles de Draguignan, dont il connaissait l'âge et la vie historique.


Avec quel grand cœur il initiait à ses trouvailles tous ceux qui s'arrêtaient pendant quelques heures pour lui rendre visite !


Au cours de ses causeries; il illustrait les détails sur l'histoire locale par un arrêt devant un ancien immeuble, une porte, un couloir, une fenêtre dont il ne restait que des vestiges à demi démolis!


Tout en philosophant sur le passé, nos péripatéticiens terminaient leur voyage à travers les siècles dans le cabinet de travail du boulevard de la Liberté ou dans le jardinet des Aréniers.


Pour n'importe qui, ce jardin avait une situation précaire.


En contrebas de la route (chemin des Aréniers), il était dans un site plutôt humide.


Mais pour Frédéric Mireur, c'était l'endroit rêvé d'où il embrassait, d'un seul coup d’œil, toute sa petite ville.


« Faites le tour du monde, ajoutait il avec Alphonse Karr, moi je me contente de faire le tour de mon jardin.


Je vous attendrai ici, vous me retrouverez sous mon chèvrefeuille, et je vous ferai avouer qu'il y a une terrible punition pour les voyageurs comme pour les amants inconstants; - pour les voyageurs l'arrivée, pour les inconstants le triomphe; car ils voient alors combien se ressemblent tous les pays et toutes les femmes ».


Notre archiviste rêvait du passé, passé qu'il excellait à faire revivre et dans son culte pour sa ville il entendait distinctement la voix des choses qu'entendit aussi Anatole France, la voix plaintive de la petite ville qui disait :


« Voyez, je suis vielle, mais je suis belle, mes enfants pieux ont brodé sur ma robe, des tours, des clochers, des pignons dentelés des beffrois...».


Frédéric Mireur ne faisait d'impasse à ses habitudes casanières, que pour inspecter régulièrement les archives de tout le département, en fonctionnaire scrupuleux.


Ou bien il se laissait entraîner dans des excursions à la recherche de monuments préhistoriques ou de curiosités scientifiques en compagnie de membres de la Société.


Avec Panescorse il fit de la géologie; puis il s'intéressa aux Tumulus avec Chiris, Bossavy, Azam et Rafin et aux Oppidums avec Henri Segond, Grinda et d'Agnel d'Acigné.


Infatigable grimpeur, l'archiviste gardait sa bonne humeur inaltérable et son esprit toujours en éveil.


Bien qu'elle soit considérable, l’œuvre éditée de Frédéric Mireur n'est pas proportionnée à son immense labeur.


S'il ne publia pas toutes les œuvres qu'il avait mises sur le chantier, où il les polissait et repolissait sans cesse, c'était par un excès de scrupules qui lui fait honneur, mais qui anime notre grand regret.


De combien de petits chefs d’œuvre sera-t-on privé, parce qu'une «source» ne lui paraissait pas définitive.


Aussi peut on affirmer que tout ce qui porte sa signature est définitif.


Jamais écrivain ne poussa plus loin, plus haut, le respect de l'écriture.


Avec sa méthode rigoureuse dont rien ne pouvait le distraire il avait tous les droits d'aborder la grande histoire, il borna résolument ses investigations consciencieuses et méticuleuses à l'étude de sa chère Provence et plus spécialement de Draguignan.


Près de quatre-vingts plaquettes initient le lecteur à ce que fut la vie familiale ou publique de nos pères.


Des ouvrages plus importants sur les couvents de Draguignan, sur la Sénéchaussée, sur les États Généraux sont remplis d'intérêt.


Les petites curiosités de l'histoire de Provence fourmillent d'aperçus imprévus.


Les huit ouvrages des Rues de Draguignan sont une reconstitution exacte de la vie de nos pères et des principaux événements de l 'histoire locale.


L'ambiance, le décor tout y est parfait, écrit avec une dévotion vraiment filiale.


Frédéric Mireur décéda, en toute sérénité d'âme et parfaite lucidité d'esprit, le 20 janvier 1919.


M. Jean Aicard, membre de l'Académie française, écrit en ces termes à Joseph Gubert président de la société d'études de Draguignan:


"Je connaissais Mireur depuis mon enfance.


Adolescent, je reçus, de lui et de son ami lettré encouragements, quand je balbutiai mes premiers vers.


Dol et Mireur ne se contentaient pas de les lire, ils les imprimaient dans l’Écho du Var.


Et, au sortir du Lycée ou il nous était interdit d'écrire des vers qui ne fusse pas en latin, les premiers premières éloges accordés à mes « Stances à la Provence» m'étaient délicieux.


Hortulo meo et amicotum.


Il avait dédié à son jardinet une simple stèle surmontée d'un grand vase svelte; et la même inscription faisait de son jardin celui de ses amis.


Il s'émerveillait que le latin puisse dire tant de choses en quatre mots.


Il me défia de traduire l'épitaphe en moins de huit ou dix.


Je le traduisis en six, exactement; et sa joie fut délicieuse à voir; il se récria sincèrement, d'un cœur maternel, sur mon habileté!


« II n'y a que vous pour réaliser un pareil tour de force! » Il triomphait pour moi.


Adieu, mon cher Mireur, nous ne nous retrouverons que dans l'autre jardin, celui ou se rassemblent amis et ennemis, celui ou toutes les épitaphes se peuvent traduire en un seul mot: vixerunt, et ou poussent les blanches asphodèles, au pied des noirs cyprès".


Félix-Eugène ANGLES (1838-1897)


Félix Eugene AnglesEugène Félix Anglès est un homme politique du département du Var, né le 26 octobre 1838 à Draguignan, et mort le 7 décembre 1897 à Paris.


Après avoir terminé ses études de droit à Aix-en-Provence, Félix Anglès s'inscrit au barreau de Draguignan.


Il est élu bâtonnier de l'ordre, et exerce à titre surnuméraire la fonction de juge suppléant.


Il fait partie de la loge maçonnique dracénoise « Le triomphe de l'Amitié » du Grand Orient de France.


Républicain ardent, il lutte moralement contre l'Empire, et se présente en 1870, à l'âge de 32 ans, comme candidat d'opposition au conseil municipal de Draguignan.


Il y est élu, puis élevé à la fonction de maire.


Il sera maire de la ville de 1870 à 1874 .


En 1871, il est élu conseiller général et représente le canton de Draguignan au conseil général du Var pendant 20 ans, jusqu'en 1891.


Le 24 mai 1873, il s'oppose au gouvernement de l'ordre moral, qui par rétorsion le révoque de sa fonction de maire le 16 février 1874.


Il sera remplacé d'abord par Claude Lombard, puis par Emmanuel Poulle.


Pour se consacrer plus utilement à la diffusion de ses convictions républicaines, il devient en 1885 directeur et rédacteur en chef du journal « La Justice du Var ».


Il se présente aux élections sénatoriales du 4 janvier 1891 et bat le sénateur sortant Ferrouillat.


Il démissionne alors de son mandat de conseiller général.


Il représente la circonscription de Draguignan au Sénat de 1891 à 1897.


Il ne s'inscrit à aucun des groupes politiques de la Haute assemblée, mais la plupart de ses votes l'apparentent aux républicains radicaux.


Membre de la Commission des chemins de fer en 1892, de la marine en 1894, de l'armée en 1896, il participe fréquemment aux débats.


Une question le préoccupe entre toutes : celle de la Compagnie des chemins de fer du Sud, qui intéressait tout particulièrement son département et dans laquelle il intervient à différentes reprises en juin-juillet 1895.


Il soutient le ministère Léon Bourgeois et lorsque Méline lui succède en avril 1896, Anglès dépose une demande de révision de la Constitution (cette demande n'obtient d'ailleurs aucun succès).


S'étant efforcé pendant plusieurs années de sa vie parlementaire d'obtenir le règlement d'un conflit aigu entre le département du Var et la Compagnie des chemins de fer du Sud, au moment même où il venait d'aboutir à une heureuse transaction, la mort met fin à son mandat.


Son éloge funèbre est prononcé par le Président du sénat Émile Loubet lors de la séance du 7 décembre 1897.


Marie-Jeanne de SAVIGNY de MONCORPS (1848-1932)


Marie Jeanne de Savigny de MoncorpsMarie-Jeanne de Viller-la-Faye, une jeune personne de 26 ans, était alors très appréciée des salons parisiens où son charme, son intelligence, son esprit, n'avaient d'égaux qu'une bienveillance qui lui attirait l'amitié de tous.


Elle était la fille du Marquis de Villers-la-Faye, issu d'une des plus anciennes familles savoyardes dont les ancêtres avaient hanté les champs de bataille des Croisades.


Cependant, cette antique noblesse ne nourrissait pas toujours son homme.


Les Villers-la-Faye devaient vivre chichement sur les produits de quelques terres de leurs propriétés bourguignonne.


La maigre dot de Jeanne l'aurait destinée à une vie médiocre si elle n'avait été remarquée par un homme issu d'une bourgeoisie d'affaires: Jérôme Bignon.


Jérôme et Jeanne se marièrent mais leur vie commune fut de courte durée car Jérôme Bignon est décédé à St-Pierre-en-Vaux (Côte-d'Or) le 8/06/1866


Une année écoulée la jeune Jeanne rencontra le Marquis de Rostaing et ils se marièrent.


Peu après le mariage le couple s'installa dans les terres du Marquis à Seillans.


C'est à Saint Raphaël que la Marquise Jeanne se lia d'amitié avec le célèbre écrivain Alphonse Karr passionné d'horticulture.


Chez l'écrivain Madame de Rostaing rencontra le célèbre parfumeur de Grasse, Monsieur Chiris.


La rencontre avec Monsieur Chiris déclencha à la Marquise un vif intérêt pour la parfumerie et l'horticulture industrielle.


C'est ainsi quant 1881 Jeanne de Rostaing lança sur les terres de son époux, a Seillans, une gigantesque campagne de travaux de terrassement, d'irrigation et de plantation.


Puis elle construit un petit atelier et rencontra les ingénieurs les plus qualifiés pour chercher a s'attacher ceux qui seraient capables de fabriquer les meilleures crèmes et liquides parfumés.


A l'aube de l'été 1883, la cueillette des fleurs commença.


Levée à 5 heures du matin, la marquise présida cette cueillette avec les femmes du village qui trouvaient ainsi du travail sur place et n'avaient plus l'angoisse de la misère ni de l'exil.


Traitées dans le petit atelier installé à l'extrémité de la propriété les fleurs fournirent les premiers produits : les PARFUMERIES DE SEILLANS étaient nées.


Ce fut la stupéfaction générale aussi bien dans le village que dans l'esprit du Marquis qui contemplait avec admiration les premiers échantillons d'une excellente crème au jasmin extrait du produit de ses terres.


La réussite était peut être là!


Mais cette réussite, il ne la verra pas.


Au mois d’août 1885, il prit froid et la grippe mal soignée l'emporta en quelques heures.


Il avait 59 ans; Jeanne son épouse seulement 37 ans.


Malgré cette épreuve les premiers essais de parfumerie et de crème étaient fort encourageants!


Le 9 mai 1886, Jeanne de Rostaing présenta les «PARFUMS de SEILLAN» au concours régional de Marseille et le jury lui attribua la Médaille d'Or.


Le 6 novembre suivant c'est la société Agricole du Var qui lui attribuait à son tour la médaille de vermeil.


L'année 1888 fut celle de l'union de Jeanne de Rostaing au Vicomte de SAVIGNY de MONCORPS.


René de Savigny de Moncorps issu d'une vielle famille morvandelle était à la fois voyageur et militaire.


En 1870 alors Chef de Bataillon au 12e Régiment de la Nièvre il se distingua particulièrement à la défense de la gare des Aubrais et de la ville d'Orléans.


Son héroïsme lui valut la Légion d'Honneur.


Riche d'une juvénile mais déjà solide expérience en horticulture Jeanne de Savigny posa la candidature de son entreprise pour la grande Exposition Universelle de 1889, à Paris.


Une vitrine lui fut accordée et le jury de l'Exposition lui décerna une médaille de bronze dans sa catégorie.


C'était une consécration et elle décida d'exporter ses produits.


Ils avaient la qualité nécessaire et tous les espoirs étaient permis.


Elle ne s'était pas trompée: la grande Exposition de Bruxelles de 1890 lui décerna le grand Diplôme d 'Honneur et la médaille de Vermeil.


En 1892, à Toulon, le jury du concours régional lui accorda la grande médaille d'or avec un prix de 1000 francs; mais surtout le Ministère de l'Agriculture lui décerna un prix d'irrigation.


C'était vraiment une juste récompense pour l'intelligence de cette femme qui avait su créer un des premiers réseaux d'irrigation modulée dans le Var, technique qui fut ensuite très employée par les horticulteurs.


Enfin, pour cette fin du XIXe siècle, en 1896, l'Exposition horticole d'Hyères lui accorda la grande médaille d'or pour la région, c'était le summum de la réussite et elle ne pouvait guère prétendre mieux.


Pour l'Exposition Universelle de Paris de 1900, Jeanne de Savigny demanda et obtint une vitrine.


Mais là le jury ne lui accorda qu'une médaille de bronze.


Or, c'était déjà une médaille de bronze qu'elle avait obtenu à l'exposition de 1889.


C'était donc pour elle une grande désillusion et fort mécontente elle refusa cette médaille estimant que ses produits avaient considérablement progressé depuis onze ans.


Parlant d'elle, le rédacteur du Figaro, Marc Hélys, écrit: «Si Madame de Savigny avait été anglo-saxonne, quelle admiration eut suscité dans son pays son énergie et quel bruit n'eut-on pas fait autour de l'usine à parfum montée et dirigée par cette grande dame! Mais nous avons en France l'étonnement moins facile et - pour les nôtres - l'admiration trop discrète ».


Revenue de sa déconvenue de l'exposition de Paris, Jeanne se tourna vers l'étranger qui l'accueillit très favorablement.


En 1904, l'Exposition Internationale de Vienne lui décerna le Grand Prix d’État avec médaille d'or; l'année suivante, même récompense à l'Exposition de Liège ainsi qu'à Milan en 1906.


Le Ministère de l'Agriculture s'était également vu obligé de suivre après avoir longtemps tergiversé.


Il s'était décidé à lui accorder, le 10 août 1900 la Croix de Chevalier du Mérite Agricole.


Le 31 mars 1905, elle était nommée Officier de cet ordre et, enfin, Commandeur le 10 décembre 1912.


Comme un ouragan dévastateur, la Grande Guerre éclata le 2 août 1914, brisant tout les élans.


Laissons alors parler la presse locale: « 24 août 1914. La comtesse de Savigny de Montcorps, vice-présidente de la Croix-Rouge de Saint Raphaël vient d'établir une ambulance dans les locaux des Parfumeries de Seillans complètement aménagés pour y recevoir des blessés et des convalescents ».


René de Savigny atteint d'une grave maladie décéda le 3 septembre 1915.


L'usine ayant fonctionné au ralenti pendant la guerre, on comprend que les soins de 50 blessés pendant un an et demi aient mangé toute la fortune de cette femme généreuse.


C'est pourquoi en 1918, elle dut céder son entreprise à son fidèle ami Eugène Fiegel.


Jeanne de Savigny fut obligée de ralentir les effets de sa générosité, elle continue toutefois d'aider les villageois de Seillans et particulièrement ceux qui ont souffert de la guerre, les anciens combattants et les veuves de guerre.


Elle préside aussi l’œuvre des jeunes de Seillans; elle enseigne le catéchisme et ne manque jamais d'être présente à l'arbre de Noël des Orphelins de guerre.


Que de bien n'avait-elle pas fait pour ce village?


Reconnaissant les mérites de cette grande dame, la Société d’Études de Draguignan l'avait élue présidente d'honneur.


Ce fut pour elle une très grande récompense.


Depuis 1924, nous la voyons donc venir assez régulièrement y présider les séances de notre Compagnie.


Elle fait don de deux beaux livres reliés et illustres qu'elle avait extrait de la bibliothèque de son mari.


Mais elle ne put assister au 75 e anniversaire de la Société.


On la verra pour la dernière fois à la séance du 5 juin 1930.


Elle s'éteignit au château du Neisson le 12 septembre 1932, à l'age de 84 ans.


La vie s'arrêta quelques heures à Seillans.


Tout le village et les amis du canton vinrent l'accompagner dans son dernier voyage.


L'église était trop petite pour contenir la foule émue.


Ferdinand PANESCORSE (?- 1888)


Ferdinand Panescorce, éminent géologue se distingua surtout par une parfaite connaissance des localités du département possédant des gisements de minéraux ou d'importantes couches fossilifères.


Les différentes zones du Var devaient devenir bientôt familières à Ferdinand Panescorce qui les explore inlassablement pendant environ soixante années.


Il accompagna ainsi dans leurs excursions presque tous les géologues qui ont parcouru la région.


Dès 1828, Panescorse puisa le goût pour la géologie auprès de Brard, ingénieur à Fréjus, et étudia avec lui le bassin houiller de l’Estérel.


Vingt ans après notre géologue suivait l'ingénieur des mines De Villeneuve dans ses tournées accompagnées de Jean Dominique Doublier.


Toutes ces prospections aboutirent à la Description minéralogique et géologique du Var 1856.


Panescorce servit encore de guide au professeurs Coquand dans les Maures et l’Estérel et au professeur Dieulafait dans les environs de Draguignan.


En 1877 il fut souvent le compagnon de M. Potier dans ses recherches pour dresser la feuille d'Antibes.


Ces courses ne furent jamais suspendues, et, quinze jours avant que la mort le surprenne, Panescorce parcourait encore les Maures.


Cette dernière région était en effet avec l’Estérel, les environs de Comps de Draguignan et d'Aups, celle qu'il connaissait le mieux.


Pendant ses fréquentes excursions, Panescorse recueillit de nombreux échantillons d'histoire naturelle dont il se servit pour propager le goût des sciences géologiques.


Il essaya, avec peu de succès d'ailleurs, de créer des musées cantonaux dans un but de vulgarisation.


Il s'adressa ensuite aux instituteurs et aux établissements scolaires.


C'est toujours dans le même but qu'il rédigea dans la Feuille des jeunes naturalistes deux notes (Excursions géologique et minéralogique de l’Estérel), ou il indiquait à l'amateur des itinéraires précis, permettant de récolter les différentes roches de la contrée.


Mais Panescorse eut aussi l'occasion de rencontrer des fossiles intéressants et de les signaler à l'intention des spécialistes, comme les ossements de Fox-Amphoux, le Bulimus Panescorsii des argiles rouges grès et calcaires à Lychnus, décrits par M. Matheron, les empreintes de Chondrites et de Panescorsea, dessinées par M. de Saporta dans sa Paléontologie et ses Algues fossiles.


Panescorse écrivit en 1873, une Notice destinée à établir l'existence sous les grès rouges du département d'un terrain carbonifère, et, en 1876, une autre notice, parue dans l'annuaire du Var, qui comprend le relevé des demandes de concessions, faites à la préfecture, pour l'exploitation de la houille depuis 1800 jusqu'en 1873.


Citons enfin, pour être complet, le récit écrit par Panescorse dans le Bulletin de la Société d'Agriculture en 1846, d'une excursion à la grotte des chauves-souris de Chateaudouble.


Ferdinand Panescorse décéda le trois septembre 1888.


Jacques de MORGAN (1857-1924)


Jacques de MorganOn a pu dire que Jacques de Morgan fut un archéologue de grand mérite, de grand talent, avec des parties de génie.


Sa place a été consacrée en 1997 par une exposition de trois mois au Louvre.


On en a peu parlé et le silence est retombé sur cet homme.


Jacques de Morgan descendait du ministre Calonne, celui qui avait dit à Marie-Antoinette «Madame, si c'est possible c'est fait, impossible cela se fera."


Telle aurait pu être la devise du Futur archéologue.


Il était né en 1857 en Loir et Cher, dans le château de Biou, au centre du village de Huisseau-sur-Cosson qui jouxte le parc de Chambord.


Ses parents étaient des propriétaires terriens sans grande fortune.


Sa mère mourut quand il avait 7 ans.


Le père de Jacques et Henry fut un bon professeur pour sa progéniture.


En effet il ne fut de cesse à Eugène de Morgan à enseigner la géologie, la numismatique, et même l'archéologie à ses deux fils.


La passion gagna rapidement et juvénilement Jacques car il s'y adonna pleinement et à 16 ans entrait à la Société Géologique de France.


Presqu'île de Malacca 1885-1886


Jacques de Morgan passait son baccalauréat à 17 ans puis fut reçut à l’École des Mines.


Les études à l’École duraient quatre années.


Pendant ses vacances, il voyageait en France, en Scandinavie, prenait des notes, rédigeait des articles que l'on publiait.


Il prospectait l'Allemagne, l'Autriche, et plus particulièrement la Bohème dont il tirait un ouvrage agrémenté de dessin et de croquis.


En 1882, sortait sa Géologie de la Bohême, en même temps que lui-même faisait sa sortie de l’École des Mines, 7ème de sa promotion.


Il était ingénieur, il avait 25 ans.


Porté par le grand vent de l'aventure, il partit explorer une mine d'étain dans la presqu'île de Malacca qui appartenait à la Malaisie sous contrôle anglais.


Sur place, des difficultés surgissaient concernant cette exploitation.


Aussitôt, Jacques de Morgan modifia son objectif.


Il proposât au gouvernement d'explorer l'intérieur de l'île à ses frais, d'en dresser la carte et de rapporter des études complètes sur les Negritos, les habitants de ces contrées jamais visitées jusqu'alors.


Sa proposition acceptée, il gravit les montagnes, traversa les jungles extraordinairement denses, rencontra les peuplades, effectua un travail des plus complets dans tous les domaines scientifiques.


Ce furent huit mois d'un véritable exploit puis il rentra en France.


Il s'y maria avec une jeune fille aussi intrépide que lui et deux ans plus tard, ils partaient pour le Caucase.


Caucase et Arménie 1886-1889


En cette fin de XIXe siècle, le Caucase et l'Arménie représentaient le carrefour de l' histoire.


C'étaient alors les lieux connus les plus avancés dans les sciences préhistoriques.


Or, l'origine des civilisations et de l'humanité restera la grande motivation de Jacques de Morgan.


Ainsi, il explora dans plus de dix nécropoles plus d'un millier de sépultures, réparties dans le Kouban, en Géorgie, et en Arménie.


Il mit à jour un nombre considérable d'objets: plats, armes, ceintures, bijoux, ustensiles.


Sans compter les observations, les comparaisons, les détails répètes sur de grandes distances.


La constatation majeure qu'il en retira fut celle qui atteste que les connaissances des métaux en Asie ont largement précédé celles apparues dans les autres parties du monde.


C'était donc vers l'Asie qu'il fallait se diriger pour découvrir les origines du monde.


Au bout de trois ans, Jacques de Morgan revint en France.


Il consigna les résultats de son expédition dans deux volumes qui connurent un réel retentissement parmi les savants :Mission scientifique en Caucase.


Par le sérieux de l'ouvrage, il fit une entrée remarquée dans ce monde fermé qu'il devait révolutionner et qui ne l'admit jamais.


Perse 1889 - 1891


Jusqu'alors, il avait effectué toutes ses missions et publié à ses seuls frais.


En 1889, il réussit à obtenir des subventions du ministère pour une exploitation en Perse.


Il repartit, avec sa femme, son domestique et son chien dans une aventure prévue pour durer huit cents jours.


Pendant 20 000 kilomètres, de la mer Caspienne au golfe Persique, il parcourut l'Azerbaïdjan, leKurdistan, le Louristan.


A travers vallées, steppes, déserts, montagnes, en caravane, il fouilla les nécropoles, gravit dans des conditions acrobatiques les parois, pour prendre des estampages (calque sur pierre) de stèles antiques.


Il accumula les découvertes, prenant des notes, des photos, des croquis, tout en subissant (sa femme autant que lui) des vagues de froid intenses, de fortes chaleurs éprouvantes, des poussés de fièvres affaiblissantes et aussi l' attaque de moustiques et parfois celle de brigands.


Il manqua d'être assassiné et fut plus d'une fois confronté à des populations hostiles.


Mais il récolta d'inappréciables documents et tira de multiples enseignements extraordinaires de sa mission « impossible ».


A l'issue de son exploration, il rapporta de Perse une mine de précieux renseignements.


Sa réputation s'en accrut et il pensa publier ses résultats mais le ministre préféra l'envoyer en Égypte pour un intérim de six mois comme directeur général du Service des Antiquités.


Egypte 1892-1897


Directeur Général du service des Antiquités, Jacques le Morgan montra tout de suite ses capacités.


Organisateur, il savait aussi s'imposer.


Il réaménagea le musée du Caire en ouvrant 46 salles nouvelles.


Il établit un service d'inspection et de conservation, engagea une chasse acharnée contre les spoliateurs, touristes, pilleurs de tombe, remit en vigueur le catalogue qui servait aux archéologues Français et étrangers.


Sur le terrain, il subdivisa l’Égypte pour un meilleur relevé des temples et de leurs inscriptions, engagea des travaux de consolidation de monuments menaçant ruine et entreprit des fouilles.


Directement ou sous son contrôle, il participa en les dirigeant aux fouilles de plusieurs pyramides, découvrant des éléments ethnologiques et archéologiques de premier plan.


Mais rien ne fut comparable en trouvailles à celles des trois pyramides de Dahchour, délabrées, très en ruines, dont il perça les secrets par des méthodes personnelles.


Les deux premiers pyramides livrent l'orifice des puits, des souterrains, et des chambres funéraires.


On y trouva les trésors et une orfèvrerie inconnue de la XIIe dynastie (2400 ans avant J-C).


Jacques de Morgan s' attaqua ensuite à la troisième pyramide, en réalité un amas de débris informes, que par deux fois les archéologues avaient tenté de fouiller.


En vain.


Jacques de Morgan mis en pratique sa méthode habituelle : il s'agit d'une longue et minutieuse préparation des points d'attaque, puis il effectue un large sondage au centre et une suite de sondages en quinconce.


Il atteignit enfin l'escalier, trouva la véritable galerie que les architectes d'alors avaient détournée, dégagea l'énorme cube obstruant le couloir funéraire.


Jusqu’à ce qu'il découvrit deux caveaux de sarcophage, deux momies de princesses royales et une collection exceptionnelle de bijoux qui reposaient près d'elles.


Par la valeur, le nombre, la richesse, l'état de conservation, cette trouvaille hissa le nom de Jacques de Morgan vers la renommée.


Les Égyptiens étaient réjouis, car tout fut envoyé au musée du Caire, lequel en devenait considérablement honoré et enrichi de pièces nouvelles.


Jacques de Morgan eut l'honneur d'une décoration, la visite du président Félix Faure, et le titre arabe de MOUDIR (le Chef).


Suse 1897-1912


En 1897, après cinq années fructueuses passées en Égypte, le ministère offrit à Jacques de Morgan le poste de Délégué général du Gouvernement français aux fouilles de Perse.


D'emblée il choisit son équipe - des anciens d’Égypte - et fixa son champ de fouilles sur le tell de Suse, qui lui tenait tant à cœur depuis ses explorations précédentes.


Jacques de Morgan avait longtemps étudié le site de Suse en ingénieur, en archéologue et en géologue.


Il avait découpé le tell en tranchées, states de cinq mètres en cinq mètres de profondeur.


Lieu unique où l'on pouvait situer les traces de diverses civilisations qui s'étaient établies là au cour des siècles.


Les fouilles furent d'une richesse inouïe.


Vases, statues, bijoux et d'innombrables briques portant des inscriptions cunéiforme.


Un dominicain le père Vincent Scheil, véritable prodige en langues anciennes, traduisait.


On avançait ainsi dans les temps antiques en retrouvant les traces d'une civilisation élamique, dont Suse avait été la prestigieuse capitale 3000 ans avant J C.


Certaines trouvailles eurent un caractère exceptionnel et contribuèrent à la réputation internationale de Jacques de Morgan.


C'est ainsi que sous sa direction, l'un de ses adjoints, le suisse Jérier, mit au jour la stèle d'Hammourabi.


C'était le premier code de l'humanité, édicté par le roi Hammourabi et rapporté à Suse lors de ses conquêtes.


En 1902 se tient à Paris, au Grand Palais, une grande exposition archéologique sur thème des sites antiques de Perse.


Le succès fut à la hauteur des trésors exposés et leurs histoires insoupçonnées, que Jacques de Morgan et son équipe avaient tirés de leur gangue de terre millénaire.


Après l'exposition, l'ensemble fut placé au Louvre dans une nouvelle salle à laquelle on accorda officiellement le nom de Jacques de Morgan.


Il était célèbre, plusieurs fois décoré d'ordres français et étrangers, accueilli dans la haute société parisienne, promis à un fauteuil à l'institut.


Mais les jalousies, accrues par ses réussites et le caractère vif et entier de Jaques de Morgan, lui en fermèrent les portes.


La grande guerre terminée, au début des années vingt Jacques de Morgan entama ses Mémoires, prêt à n'épargner personne.


C'est alors, à la suite du terrible génocide arménien de 1915 (un million et demi de victimes par les Turcs aidés par les Kurdes), qu'on lui proposa de rédiger une Histoire du peuple arménien.


Elle devait servir, la paix revenue, à faire accepter par les puissances alliées, la création d'un état arménien indépendant.


Mais l'Arménie n'eut pas son indépendance.


Les alliés n'avaient pas tenu leurs promesses et le pays fut rattaché à l'URSS parmi les républiques soviétiques.


Les Arméniens témoignèrent une vive reconnaissance à Jacques de Morgan qui s'était employé à défendre leur cause par la plume et un engagement de tous instants.


Leur patrie escamotée, il s'offrait encore à faire recueillir des enfants arméniens sur le sol français.


Mais la santé de l'archéologue déclina rapidement, l'asthme le condamnait à survivre et à souffrir.


Il souffrait de plus en plus d'un manque d'air.


On lui recommanda l'air sain de Saint Raphaël.


Il y alla.


Un mieux se produisit.


Ayant parmi ses relations des membres de la Société d’Études Scientifiques et Archéologique de Draguignan, il posa sa candidature.


L'assemblée l'admit chaleureusement, avant de lui décerner le titre de Président d'honneur.


Ce qui le combla.


Aussi longtemps que ses forces lui permettaient Jacques de Morgan poursuivait sa tache scientifique.


Il voulait mettre un terme à une Préhistoire orientale en trois volumes.


Le travail incessant éloignait ses pensées de son corps de plus en plus malade.


Jusqu'à l'extrême limite, il lutta.


Cherchant à pouvoir respirer, il délaissa Saint Raphaël pour habiter Draguignan, quitta Draguignan et retourna à Saint Raphaël.


Illusion d'une amélioration provisoire qui le forçait à partir à Cannes, puis à Vence, ensuite à Nice.


Dernière étape, il se fixa à Marseille ou, à bout de souffle, on dut le conduire a l'hôpital.


Le 12 juin 1924, cette existence insupportable s'achevait.


Jacques de Morgan fut inhumé au cimetière Saint Charles de Marseille.


Edmond POUPE (1862-1939)


Edmond PoupéLe 1er mai 1862 Charles-Marie-Edmond Poupé naquit à Amiens, 28 rue de la Contrescarpe, artère proche du faubourg de Saint Acheul, célèbre site préhistorique national.


Dès l'age de sept ans, Edmond Poupé entra à l'école primaire de son quartier, alors payante.


Puis du premier octobre 1873 au mois d'août 1881 il suivit au lycée d'Amiens, en qualité d'externe, les classes de sixième à la seconde, par la suite celles de rhétorique et de philosophie.


Reçu bachelier des lettres par la faculté de Douai dès sa sortie du lycée, Edmond Poupé demanda à s'assurer une situation dans l'Université.


Ainsi en 1881, il fut nommé aspirant répétiteur au lycée de Valenciennes.


Puis en 1888, il est installé dans la fonction de censeur au lycée de Laon.


En 1890, le 7 octobre, il est nommé au collège de Calais et le 20, soit 15 jours après, il reçoit sa nomination pour le collège de Draguignan, ce qui prouve que l'Administration ne manquait pas de fantaisie.


Cette fantaisie devait d'ailleurs aller plus loin car Poupé enseigna d'abord au collège de Draguignan les lettres dans la section moderne et à son propre étonnement la comptabilité, discipline à laquelle il avouait lui-même n'avoir jamais rien compris.


Dès 1903 il devait enseigner l'histoire, sa véritable spécialité, jusqu'en 1926 date de sa retraite.


Edmond Poupé subit avec succès les épreuves de la licence des lettres devant la faculté d'Aix en 1904.


A ce moment, on lui proposa le poste de professeur au lycée de Toulon, plus tard un poste identique au lycée de Nice.


Mais Poupé déclina ces offres avantageuses car dans les deux cas, la raison qui le détermina ne fut autre que ses études historiques sur Draguignan et son attachement à son ami Frédéric Mireur.


Frédéric Mireur et Edmond Poupé étaient deux personnes de mêmes goûts, de même intelligence et de même cœur droit et bon, les deux hommes, dès leurs premières rencontres, s'étaient spontanément liés d'affection profonde.


Tous les jours, à 11 heures du matin, parfois à 4 heures du soir, sortant à grand pas du collège, M Poupé, sa serviette sous le bras et son melon sur la tête, se rendait auprès de M .Mireur,soit à la Préfecture, soit au N°32, boulevard de la Liberté.


La, ils s'entretenaient de leurs propres travaux, consultaient dictionnaires et ouvrages de fonds, déchiffraient parchemins, anciens registres et vieux papiers qui garnissaient les étagères, les bibliothèques et même les placards, sans compter les documents qui, sur de vastes tables, s'entassaient en un fouillis sans nom dans lequel M Mireur pouvait seul se reconnaître.


Poupé fut reçu à la Société d’Études de Draguignan en décembre 1895, présenté par F. Mireur et A. Burtez, professeur de sciences, lors d'une séance à laquelle assistaient 12 présents.


Il fut élu Président le 19 mai 1911 et le resta jusqu'en 1917, puis le fut de 1922 à 1925, de 1928 à 1931 et de 1936 à 1939.


Il totalisa 18 années de Président et 5 années de Vice Président.


Depuis 1911, date de sa première présidence, Edmond Poupé usa d'une grande et bienveillante influence sur la Société d’Études Chacun des sociétaires s'inclinait d'avance devant l'étendue de sa science, le nombre et la valeur de ses travaux, sa haute probité historique, son désir d'être utile, sa droiture et sa bonté.


Edmond Poupé se plaisait surtout à initier à l'histoire les jeunes chercheurs.


Partout il était professeur.


« Allez, leur conseillait-il invariablement la première fois qu'il se présentait à lui, allez visiter les greniers de votre village, et, pres


Vous aurez ainsi le mérite et la joie de la trouvaille ce qui, en même temps, excitera en vous la curiosité et apportera à notre Société d’Études des documents peut-être inédits, utiles et curieux ».


Pour la Société d’Études Edmond Poupé fut un grand animateur, il fut aussi un infatigable travailleur.


Sur 121 de ses études imprimées, variant entre l'opuscule de 6 pages et le volume de 554 pages, 46 ont été publiées dans les bulletins de la Société.


L'érudition de M. Poupé apparaît ailleurs que dans les périodiques.


En effet il classa les archives communales et hospitalières, antérieures à 1790, de la Cadière, du Beausset, de Rians, Callas, Bargemont, Callian, etc.. les papiers et les volumes des bibliothèques dépendant de l'ancien évêché de Fréjus; les archives du greffe du tribunal civil et criminel de Draguignan en ce qui concerne surtout les émigrés, les contre-révolutionnaires, les insurrections, le brigandage.


Edmond Poupé fut conservateur de la Bibliothèque et du Musée de Draguignan de 1905 à 1934 et conservateur de la Bibliothèque et des Archives de Fréjus de 1909 à 1937.


Dans ces divers emplois, plus encore qu'ailleurs, il fut la providence des chercheurs et des érudits.


En récompense des excellents services qu'il avait ainsi rendus, il reçut les notes les plus élogieuses des inspecteurs généraux des archives et des bibliothèques, les félicitations les plus flatteuses des ministres de l'instruction publique et des beaux-arts, celles du préfet et du conseil général du Var.


En 1934, une ombre s'était pourtant glissée dans ce beau tableau.


Sans approbation ministérielle préalable, la municipalité de Draguignan voulut désaffecter une grande salle, annexe au Musée, pour y installer les services de la Caisse d'épargne.


Elle se proposa d'envoyer des ouvriers au musée afin de faire procéder au transfert des collections dans un local voisin.


M. Poupé protesta aussitôt contre cette désinvolture et surtout contre cette violation des décrets régissant les musées.


On lui répondit: «Les décrets, ça ne compte pas! ».


Certains citoyens, interprètes sans doutes de gens très intéressés, émirent même des idées si paradoxales et si étranges que M. Poupé, vexé au suprême degré, donna sa démission de ses fonctions de conservateur.


La remise des pouvoirs eut lieu à la bibliothèque et M. Poupé fut aussitôt touché des sentiments cordiaux que lui manifesta son successeur M. Boissière.


Ce contretemps, arrivé vers la fin de sa longue carrière, n'empêcha certainement pas M. Poupé d'être heureux jusqu'à sa mort.


Il eut la satisfaction de recevoir chez lui, au n° 9 des allées d'Azémar, les visites de nombreux chercheurs, amis ou inconnus, venus de toutes les régions de la France et même de l'étranger.


Il les invitait souvent à sa table.


En mai 1939, date de son dernier voyage à la capitale, il participa aux travaux de l'Assemblée générale de la commission d'histoire économique de la révolution.


Il y présenta même une étude, resté manuscrite, intitulée Enquête agricole et industrielle dans le département du Var (fin août 1793).


En 1935, sur la proposition du comité des travaux historiques et scientifiques, Edmond Poupé fut élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur.


On se rappelle que la Société d’Études, fière de la décoration qui venait d'échoir à son grand et savant animateur, offrit à M. Poupé une croix enrichie de brillants, et qu'un banquet cordial à l'hôtel Bertin clôtura la manifestation.


Cependant, ses plus grands honneurs, son apothéose, il les reçut non en France mais en Hongrie.


Ils furent dus à la publication dans le bulletin de la Société d’Études de la belle étude sur Alexandre Kisfaludy, illustre poète de ce royaume, prisonnier de guerre à Draguignan en 1796.


Edmond Poupé se rendit en Hongrie en 1934 pour y tenir une série de conférence sur Kisfaludy et pour le remercier le gouvernement Hongrois lui conféra la croix de l'Ordre du Mérite.


Le mardi 5 septembre 1939, le lendemain de la déclaration de l'état de guerre, vers onze heures du matin, à Draguignan, au carrefour de la rue Julien Labat et du boulevard Georges Clemenceau, M. Poupé fut heurté par une camionnette automobile dont le chauffeur, inexpérimenté, ne possédait pas de permis de conduire.


Grièvement blessé, il décéda presque aussitôt.


Ses obsèques eurent lieu le lendemain dans l' après-midi.


Conformément à sa volonté écrite, il fut, sans fleur ni couronne, porté au cimetière; aucun discours ne fut prononcé sur sa tombe.


Il avait même poussé la modestie jusqu'à demander qu'aucun cortège ne suivit sa dépouille mortelle.


Telles furent la vie et l’œuvre de ce cher et éminent président de la Société d'études.


Elles ne sont pas quelconques.


Son souvenir restera toujours gravé dans nos cœurs.


Edmond Poupée était doté d'une physionomie sympathique et respectée, d'un esprit clair, fin et délicat, ordonné et méthodique; son érudition était forte; ses jugements impartiaux; sa parole éloquente et ses écrits à la fois sincères, sobres, purs et élégants.


Sa grande modestie, sa politesse exquise n'avait d'égales que son dévouement et sa courtoisie.


En outre sa générosité et son désintérêt, tous ces facteurs méritent de vivre dans nos mémoires.


Général FERRIE (1868-1932)


gustave-ferrieDracénois d'adoption, le jeune Ferrié naquit à Saint-Jean-de-Maurienne en 1868, puis suivit son père dans notre ville ou se dernier devait diriger la construction et l'exploitation du Sud-France.


Il fit ses études dans notre collège jusqu'au baccalauréat et entra ensuite à l'école polytechnique qu'il quittait en 1889 avec le grade de sous-lieutenant du génie.


Le jeune officier se lance tout de suite dans la TSF, et capitaine en 1897, il commande la compagnie de sapeurs télégraphiste installée au Mont Valérien.


Commandant en 1908 il perfectionne le poste de télégraphie sans fil établi par lui cinq ans plus tôt.


Ferrié effectue un mémorable exploit en 1910 en établissant une liaison radio entre le sommet de la tour Eiffel et la nacelle d'une montgolfière située a plus d'une centaine de kilomètre de la tour.


Dans cette même année il met au point les dispositifs et les méthodes de transmissions des signaux horaires.


Lorsque la guerre de 1914 éclate Ferrié est lieutenant-colonel.


Sur son rôle durant ces années tragiques, écoutons le général BOURGEOIS:


« On peut dire de l'œuvre de Ferrié au cour de la guerre que la France fut toujours, en télégraphie et téléphonie militaires d'une incontestable supériorité.


Nos alliés nous suivirent; quand à nos ennemis, malgré leur puissante organisation technique ils furent toujours en retard.


L'armée Française ainsi toujours première grâce à Ferrié, qui se montra alors, non seulement un grand chef, mais aussi un des artisans de la victoire finale ».


Fait colonel en 1915, Ferrié devint général en 1919, après avoir relié la métropole aux principales colonies par les postes de Bamako, Brazzaville, Tananarive, Saigon et organisé une section d'enseignement de la radiotélégraphie à l’École supérieure d'électricité.


L’institut devait décerner au général Ferrié le prix Osiris en 1921 et il succédait à l'Académie des Sciences au fauteuil d'Alfred GRANDIDIER, en 1922.


Le général Ferrié vint présider la distribution des prix de notre collège, le 13 juillet 1927, et le soir même il participât à la réunion de notre Société d’Études dont il était membre depuis 1918.


Membre de l'Académie des Sciences, président de la commission Internationale des Longitudes, le général Ferrié fut nommé membre du conseil International des recherches scientifiques, puis Grand Croix de la Légion d'honneur.


Le 16 février 1932, le général Ferrié s'éteignait au Val de Grâce à Paris, à la suite d'une opération tardivement tentée pour enrayer un mal implacable et négligé.


Il était enfin juste que la ville de Draguignan s'associe à l' hommage rendu par la Nation au continuateur des MARCONI, des BRANLY, en donnant le nom du général Ferrié à l'établissement ou il avait fait ses études secondaires ..... Ce fut chose faite le 30 mai 1951.


L'Abbé BOYER (1925-2011)


L'Abbé BoyerOriginaire de Marseille l'Abbé Boyer passa son enfance dans le quartier des Aygalades, une banlieue de la ville phocéenne.


A peine âgé de six années, le jeune Raymond Boyer visita le musée Borely sous la conduite éclairée de son père, et déjà le premier contact avec les momies exposées fascina le futur archéologue.


« C'est à cet instant que le virus de l'histoire et de l'anthropologie est entré dans moi ».


Installé à Draguignan, l'Abbé Boyer suivit ses études au lycée Ferrié de 1935 a 1946 ou il se passionna particulièrement pour les sciences de la pharmacie, de la chimie, la physique mais aussi pour la littérature.


Plus tard c'est au séminaire de la Castille que Raymond Boyer passera son bac philo.


Mais le virus de l'archéologie ne tarda pas à se réveiller dans l'âme du jeune séminariste, quand, on mit à jour lors d'une plantation d'olivier en 1946 des tombes médiévales au domaine de Saint Hermentaire.


Élève à 25 ans dans la section Histoire et Archéologie de la faculté d'Aix en Provence, l'Abbé Boyer côtoya Fernand Benoît et Jean Remy deux grandes figures de l’archéologie Provençale.


Dès lors tout va s'enchaîner logiquement.


En 1951, licencié de la faculté d'Aix en Provence, le jeune étudiant est nommé professeur d'histoire du christianisme à la Castille, tout en préparent un doctorat d’État en Histoire et Archéologie, à la demande de l'évêque Mgr Gaudel.


A ce début des années cinquante un accroissement conséquent des fouilles archéologiques s'effectua dans le département.


De ce fait Fernand Benoît demanda au jeune chercheur de créer un véritable centre de documentation archéologique afin d'y recueillir les objets découverts lors des fouilles varoises, les photographies, les croquis, les plans en somme tout peut intéresser et servir les chercheurs.


C'est ainsi que l'Abbé Boyer a été détaché comme chercheur au CNRS, section « Sciences de l'Homme ».


L'installation du centre archéologique se fit au sein de l'immeuble du 19 rue Frédéric Mireur, dans Draguignan.


Ainsi donc naquit ce centre scientifique donc quatre cofondateurs s'unirent à l'Abbé Boyer pour parfaire cette entreprise: André Taxil (préhistorien et pharmacien à Salernes); Georges Bérard, préhistorien à Cabasse; Paul-Albert Février, fréjusien et professeur d'université; Noëlle Rivier dessinatrice.


Plus tard, en 1963, verront le jour, toujours au 19 rue Frédéric Mireur, un laboratoire de conservation et de restauration des métaux archéologiques, puis le laboratoire de recherche anthropologique, a ce jour spécialisé dans l'étude des crémations dans l'antiquité.


Au cour de sa longue carrière de chercheur l'Abbé Boyer conduira de nombreuses campagnes de fouilles archéologiques.


A Draguignan les travaux les plus importants effectués par l'Abbé furent ceux exécutés aux selves pour y découvrir le gibet du quartier des Fourches en 1946 mais aussi au domaine de Saint Hermantaire, en 1947, ou fut étudié le frigidarium des thermes gallo-romains puis plus tard, en 1950-1951, la villa gallo-Romaine.


L'implication du chercheur dans les secteurs « archéologiquement sensibles» de notre ville se porta aussi sur ce que l'on peut nommer découvertes fortuites ou fouilles de sauvetages d'où fut découvert le pyxide (boite a parfum Romaine) extraites d'une tranchée lors de travaux exécutés au Boulevard Max Dormoy, mais aussi de quelques urnes funéraires trouvées dans les travaux de terrassement pendant la construction de la nouvelle prison de Draguignan.


En 1978 lors des travaux d'aménagement de la vielle ville de Draguignan l'Abbé Boyer étudiât trois fonds de cabane datant de l'Age du fer.Beaucoup d'autres travaux incombèrent a notre émérite chercheur notamment l'analyse et la restauration des restes de la Reine Mérovingienne Bathilde, mais aussi l'étude de sarcophages qui servait de sépulture à deux évêques guillaume de Roufilhac et Louis de Boulhac tous deux ensevelit dans la cathédrale de Fréjus.


On pourra citer aussi la publication de vingt-trois articles dans les bulletins de la Société d’Études et combien d'autres diffuses dans différentes sociétés savantes?


Il serait bien téméraire de prétendre décrire la somme des travaux exécutés par notre émérite chercheur!


En effet l’œuvre de l’Abbé Raymond Boyer restera dans la mémoire du monde scientifique le profond témoignage d'une extrême dévotion destinée à l'histoire ancienne des hommes.