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Joseph Collomp (1865-1946)

Après avoir passé sa jeunesse à Flayosc, Joseph Collomp est venu s'établir à Draguignan comme représentant de commerce et négociant. Il s’est très vite intéressé à la politique.

Il est d’abord entré au Conseil général du Var en 1898, puis a intégré le conseil municipal de Draguignan en 1908 avant de devenir premier adjoint au maire en 1912.

Battu lors des élections municipales de 1919, il les a ensuite remportées en 1925, 1929 et 1935.

Ses réalisations municipales à Draguignan sont nombreuses ; on lui doit les bains-douches, le grand collège de filles, la Caisse d'épargne, l'hospice de vieillards, la pouponnière, etc, mais aussi de nombreuses acquisitions foncières qui font la richesse de la commune aujourd'hui. Il a déposé une proposition de loi sur la police de la chasse (1940), et a été chargé de rapporter la proposition de loi concernant la prise en charge, par les communes, de la rémunération des gens de service dans les écoles maternelles publiques et des frais de balayage et de nettoyage des écoles primaires publiques (1939). Il est intervenu au cours de la discussion du budget de l'éducation nationale de l'exercice 1939 pour demander des crédits en faveur du collège de jeunes filles de Draguignan (1938).

En 1940, il a été suspendu de ses fonctions par le Gouvernement de Vichy après s’être opposé à Philippe Pétain.

Dès la libération, il a retrouvé son siège de maire de Draguignan, puis, s’est retiré de la scène politique pour raisons de santé.

Il est décédé à Draguignan, le 9 mai 1946, à l'âge de 81 ans, après avoir exprimé le désir de n'avoir sur sa tombe que cette simple phrase : « Il fut des Quatre-Vingt ».

 

« Il fut des quatre-vingt »

Le 10 juillet 1940, Joseph Collomp a fait partie des 80 parlementaires qui ont eu le courage de voter contre une révision constitutionnelle dont ils pensaient qu’elle risquait de conduire à la fin de la République. L’Histoire leur a donné raison.

Le 11 juillet 1940, Philippe Pétain disposait des pleins pouvoirs. L’État français était né. Il s’engagea jusqu’à l’irréparable dans la voie funeste de la collaboration.

Le 10 juillet reste une date à jamais marquée par le vote de refus de 80 parlementaires qui ont sauvé l’honneur de la République.

Dans le décor insolite du Grand casino d’une petite ville d’eau, ils étaient 57 députés et 23 sénateurs à avoir le mérite de dire NON.

Quelques jours seulement après l’Appel du 18 juin lancé par le Général de Gaulle, leur diversité augurait de celle de la Résistance.

Ils étaient 4 dans le Var :

  • le député toulonnais Michel Zunino ;
  • le sénateur du Var René Renoult ;
  • le sénateur du Muy Henri Sénès ;
  • le député-maire de Draguignan Joseph Collomp.

 

Parcours politique

1898-1919 : conseiller général du Var pour le canton

du Luc

1908 : conseiller municipal à Draguignan

1912 : 1er adjoint au maire de Draguignan

1925 à 1940 : maire de Draguignan

1928 : secrétaire du Conseil général du Var pour

le canton de Comps-sur-Artuby

1930-1933 : vice-président du Conseil général du Var pour le canton de Comps-Artuby

1936 à 1942 : Député du Var

11 décembre 1940 : suspendu de ses fonctions de maire par le Gouvernement de Vichy

1944-1945 : maire de Draguignan à nouveau